Rétro 2019 : Ils ont fait l’actualité locale au Cameroun 25-32

Rétro 2019 : Ils ont fait l’actualité locale au Cameroun 25-32

Ils sont hommes politiques, jounalistes, jeunes manipulés par l’élite ou victimes des tares de l’urbanisation. Ils ont été à la une en 2019. Voici la liste de 25e à la 32e place. 

 

25. Paul Marie Biloa Effa

Le chef traditionnel de 3e degré de la région du Centre, 5e de la dynastie d’Omgba Bissogo, SM Biloa Effa, roi Ewondo-Messa, s’est fendu d’une lettre ouverte pour répondre à sa destitution décidée le 6 décembre 2019 par Paul Atanga Nji, ministre de l’Adminitration territoriale (Minat). Il y dénonce “des pratiques lointaines dignes des âges farouches où la force, la brutalité, et la sauvagerie étaient à l’honneur” et rappelle qu’il ne tient pas son trône d’un acte administratif, mais de la “dévolution héréditaire” avant de souligner dans une interview au quotidien Le Jour “le rôle trouble de ce ministre en ce qui concerne l’embrasement de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest”.

Celui qui signe “Chef coutumier Mvog-Betsi du clan Mvog Tsoung Mballa, Officier d’état civil, Conseiller spécial du Président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) le professeur Maurice Kamto, Président élu”, ne milite pas seulement dans le parti accusé par ses adversaires d’“ethnofasciste aux vélléités hégémoniques”, il a eu à payer au prix fort son engagement politique avec une détention de plusieurs mois à la prison centrale de Kondengui, après les marches de protestation. Pour son affrontement avec le Minat, il a bénéficié du soutien de certains chefs traditionnels Beti et hommes politiques, à l’instar de Célestin Bedzigui qui écrit qu’une “limite par cet acte ignoble est franchie. Messieurs Atanga Nji et Dion Ngute peuvent-ils de manière aussi désinvolte destituer un Fon du Nord-Ouest, un Chief du Sud-Ouest, un Lawane, un Djaoro, un Lawane, un Lamido du Grand Nord? De tels actes auraient-ils été pris par les grands Minat qu’ont été Enoch Kwayeb ou Andze Tsoungui? La réponse est Non”.

 

26. X-Maleya

Le célèbre groupe de musique urbaine a mis le pied dans une fourmilière qui lui a valu maintes foudres, mais l’essai en valait la chandelle. En 2019, le single “Ta fille n’est pas ta femme” assorti d’un videoclip fort à propos a permis de mettre en lumière la question taboue du viol domestique, du viol incestueux, dont les statistiques officieuses font froid dans le dos.

Cependant quelques données existent comme celles de l’étude réalisée en 2010 par la section camerounaise de l’Association mondiale pour l’école Instrument de paix (Eip-Cameroun). Il en ressort que la fréquence des abus sexuels dans la population étudiée était de 2,05%. Les filles étaient les plus concernées avec 95,2% de l’échantillon contre 4,8% de garçons. La plupart des victimes étaient en période pré pubertaire (41,4%) et pubertaire (20,2%). Le taux d’abus n’était pas négligeable avant l’âge de 10 ans (29,8%) et ne concernaient que les filles. Le viol était le mode d’agression le plus fréquent. L’agression était intrafamiliale dans 25,5% de cas et extrafamilial dans 74,5% de cas.

Donc lorsque Auguste Rim, Haitem Zaiter et Roger Samnig décident de s’impliquer et dénoncer le phénomène, ça crée forcément le buzz et oblige à marquer un temps d’arrêt. Sauf que celui qui a été observé en 2019 portait davantage sur le scandale du vidéoclip qui ne pouvait être diffusé sur toutes les chaînes que du sujet autrement plus grave.

Vivement qu’une prise de conscience accompagne la lutte qu’a décidé de mener le groupe X-Maleya!

 

27. Serge Aimé Bikoi

Particulièrement prolixe, Serge Aimé Bikoi, 42 ans, employé de la Radio Tiemeni Siantou, publie tous les jours un post sur Facebook et un texte dans divers journaux d’ici et d’ailleurs sur divers sujets d’actualité, des sujets de proximité. Sa sensibilité de sociologue justifie sans doute son intérêt pour les sujets qui intéressent le Camerounais ordinaire.

En 2019, il a organisé avec faste l’anniversaire de la Radio Tiemeni Siantou en réussissant  ramener à l’antenne les anciens de la maison qui, dans certains cas, avaient abandonné la pratique du journalisme. Il s’est aussi distingué en étant le premier à obtenir une interview de Maurice Kamto au sortir de ses neuf de détention arbitraire.

En 2019, il a été aussi été l’un des rares journalistes avec Pierre Nka et Paul-Joël Kamtchang à s’intéresser à la curieuse agression dont a été victime le directeur de publication de www.villesetcommunes.info dans le bureau de Jacques Eder Yete Mbote, maire de la commune d’arrondissement d’Edea 1er. Ce dernier pour des raisons qui restent à élucider avait organisé le 15 mars 2019 avec la complicité active ou passive de trois individus la séquestration de Kamdem Souop, suivie de voies de fait, menaces, atteintes à l’honneur et propagation de fausses nouvelles… Depuis lors, cet édile multiplie les manoeuvres pour se soustraire à la justice suite à l’enquête ouverte à la Direction de la police judiciaire de Yaoundé.

 

28. ABK Radio

Cette radio, qui émet à Douala sur la fréquence 89.9 mais s’écoute online partout dans le monde, a connu en 2019 une révolution qui est liée à l’arrivée à sa tête d’Alex Siewé. Un condensé professionnel : co-fondateur des Rencontre musicales de Yaoundé (Remy), ancien homme de radio sur la Crtv, ancien reporter et chroniqueur culturel à Rfi, qui a gravi tous les échelons de la communication au sein l’entreprise Aes-Sonel, puis Eneo Cameroun, il a lancé en juin 2019 l’entreprise 2A Communication and Marketing avec… Alain Bermond Kanmegne, le fondateur d’ABK Radio.

La radio qui signe “La fréquence utile” s’est distinguée en 2019 par sa seconde vie démarrée en fanfare en utilisant l’approche cross media et en transformant les auditeurs en co-producteurs de contenus radiophoniques.  Le public a tout de suite aimé et en six mois, la radio a raflé le prix de projet éditorial de l’année et s’est retrouvée dans le top 3 des awards suivants décernés par Mediatude : meilleure chaine radio de l’année, meilleur journaliste de l’année (Tchapda) et meilleur animateur de l’année (Boris Bangteke).

 

29. Zenü Network

“Le réseau des savoirs” Zenü Network a été créé en 2005 par Flaubert Djateng, ingénieur agronome et expert en gouvernance locale et développement organisationnel.

Zenü Network est un réseau des acteurs de la société civile engagés dans la transformation sociale pour un mieux être et un mieux vivre des citoyens Camerounais. C’est une organisation qui œuvre pour une société plus juste et plus équitable, où chaque citoyen dispose des « capacités » utiles pour faire valoir son avis et contribuer au développement du Cameroun. Il travaille sur la recherche-action sur la citoyenneté, l’élaboration des outils et instruments de communication autour de la promotion des valeurs citoyennes.

En 2019, comme du reste depuis 2009, Zenü Network a organisé le Forum des Jeunes du Cameroun (Fjc) dans le cadre du Programme d’éducation à la citoyenneté active et à la culture (Pecac), financé par Pain pour le monde, une organisation allemande. Un programme qui travaille à la prévention et la lutte contre la délinquance et la corruption en milieu scolaire, par la libréation de la parole des jeunes  sur ces fléaux. Cela se fait avec des outils tels que les Clubs déducation civique et d’intégration nationale (Cecin), les boîtes de dénonciation anonymes, les personnes relais inspirant suffisamment confiance pour que les élèves puissent se confier à eux, ou encore l’observatoire de la gouvernance qui regroupe administration, enseignants, parents et élèves pour mener des enquêtes suite à des dénonciations.

L’édition du Fjc a été organisée à Mbalmayo du 15 au 20 juillet 2019, après les escales de Garoua (2018), Bertoua (2017), Buea (2016), Ngaoundéré (2015), Bafoussam (2009-2014). Un événement qui réunit 500 jeunes des 10 régions du pays âgés de 15 à 30 ans autour des objectifs suivants: augmenter leur compétence sociale (trouver sa place dans la société), renforcer leur citoyenneté sexuelle (maîtriser son corps face aux tentations et à Internet), renforcer leur leadership (affirmation de soi, savoir être, ouverture au monde et aux autres jeunes), découvrir et connaître le Cameroun, échanger sur le plan culturel avec d’autres jeunes (dessins, poèmes, art, danses, mythes et réalités des 10 régions, etc.), comprendre les enjeux du thème en relation avec les défis de la Jeunesse actuelle.

En outre, cette organisation a octroyé un important don matériel constitué d’ordinateurs, livres, ustensiles de cuisine et vêtements à certains déplacés de la crise anglophone installés dans la ville de Bafoussam. 

 

30. Jean Robert Wafo

Si on filtre de ses sorties zélées de militant du Social democratic front (Sdf) dont il est ministre de Communication du shadow cabinet la tonalité partisane, on retient de JRW comme il signe les avis et commentaires d’un acteur averti du développement local. Et cela se justifie par le fait que cet opérateur économique de 50 ans est maire adjoint de la commune d’arrondissement de DOuala II.

En 2019, on retiendra surtout ses prises de position sur la mise en oeuvre de la décentralisation au Cameroun, les enjeux du Grand dialogue national ou les commentaires sur l’adoption du Code général des collectivités territoriales décentralisées, la publication des candidatures par Elections Cameroon ou encore le contentieux pré-électoral. Jean Robert Wafo a la particularité d’être l’un des rares élus locaux qui prend la parole en toute liberté et lucidité sur les sujets qui touchent la gestion des municipalités et le transfert des compétences, là où la majorité, bridée par une discipline de parti ou tout simplement autocensurée, peine à répondre aux sollicitations de la presse spécialisée.

Difficile toutefois de passer sous silence certaines de ses prises de position pour le compte de son parti contredites par les actes sur le terrain. En août après le National executive committee de son parti, il affirmait “Le Sdf est un parti qui proscrit la sécession ou le fédéralisme”, “Nous irons aux prochaines élections locales si les conditions sont meilleures” , “Si le Président de République ne crée pas des conditions propices pour un retour normal à l’école, et que la paix revienne, le SDF suspendra sa participation au Parlement”.

 

31. Vincent Nji Ndumu

Difficile d’être une autorité locale dans les régions du NoSo depuis novembre 2016. Plusieurs maires ont été capturés, d’autres assassinés et décapités, la majorité a dû fuir le théâtre des opérations qu’était devenue leur commune pour se réfugier dans les régions de l’Ouest, du Littoral et même du Centre.

Sans doute favorisé par sa position privilégiée de super maire, donc bénéficiant de tout le dispositif qui entoure le gouverneur de région et la capitale régionale, Vincent Nji Ndumu, fait partie des édiles qui n’ont pas fui. Cela n’est pas tout à afait un avantage, car on imagine menaces et stress qui pèsent sur ses épaules. Toujours est il que le Délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Bamenda s’est astreint à demander à genoux aux sécessionnsites de mettre un terme à leurs exactions et de permettre aux enfants de retourner à l’école après trois années de leur avenir sacrifiées. C’était le 22 octobre à l’installation du nouveau préfet de la Mezam.

 

32. David Eboutou

On l’avait connu comme consultant fort écouté sur Afrique Media Tv avec son compère de l’époque, Patrick Sapack. Mais tout avait commencé en 2009 sur Magic Fm, une radio émettant à Yaoundé, puis des chroniques David Eboutou a recouvré la liberté et depuis lors, il dans les journaux Intégration et Emergence. Puis est venue l’époque de “Panafritude” sur Vision 4 Tv et … la descente aux enfers. Jean Pierre Amougou Belinga, le patron de cette dernière chaîne, fait enfermer les deux compères pendant 30 mois pour une affaire qui garde tout son mystère mais qui rappelle les liens nébuleux  entre ce patron de presse et certains chefs d’Etat. Dans ce cas, c’est Denis Sassou Nguesso du Congo et une sombre affaire de partage de 700 millions de Fcfa liée à la campagne présidentielle de 2016.

Profondément affecté par son séjour carcéral qui s’est achevé le 23 décembre 2018, il s’est distingué en 2019, avec Me Dominique Fousse et son cabinet, par la multiplication d’initiatives visant à permettre à une quinzaine de personnes incarcérées de recouvrer la liberté alors que leur sort semblait scellé. C’est le cas particulier de Jules Omer Tchuenkam, cet homme qui a passé dix années derrière les barreaux sans jugement.

On l’a retrouvé en 2019 sur d’autres fronts, comme celui des violences xénophobes de Sangmélima des 10e et 11 octobre où il fut l’un des premiers à se rendre pour tâter du doigt la réalité et dénoncer l’instrumentalisation politique des jeunes sans avenir de cette partie du pays par l’élite prédatrice au pouvoir. C’est encore lui qui en juillet sonna l’alerte des émeutes de la prison centrale de Kondengui. Un zèle qui n’est pas sans conséquence. Il s’est fait agresser le 21 juin à Mvan par quatre inconnus et les supputations vont bon train entre cette agression et son activisme.

Recruté depuis septembre comme consultant du Groupe Equinoxe avec des interventions en radio, télévision et presse écrite sur l’analyse des relations internationales et de politique intérieJules Omer Tchuenkam, cet homme qui a passé dix années derrière les barreaux sans jugement.ure, il prépare la sortie de deux ouvrages.

 

Plusieurs autres acteurs ont marqué l’année 2019 et auraient bien pu figurer dans ce classement. Wilfried Ekanga et ses posts incisifs repris à tour de bras sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Christophe Bobiokono, le professionnel puriste spécialisé dans les affaires judiciaires et qui s’est vu condamné ainsi que certains de ses collorateurs à une forte amende pécuniaire pour avoir fait leur travail. L’association Adisi ou encore Un monde Avenir et leur travail sur la gouvernance. Entre autres.

 

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Auteur

Kamdem Souop
Kamdem Souop 329 Articles

Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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