Douala: Bienvenue à l’aéroport International “Flottant”!

Douala: Bienvenue à l’aéroport International “Flottant”!

La violente pluie qui s’est abattue dans la ville le 1er Juillet 2020, a laissé un spectacle à la fois étrange et étonnant sur l’une des plus grandes portes d’entrée du Cameroun: l’aéroport international de Douala inondé. Une image qui remet au gout du jour, la question du drainage pluvial.

La ville de Douala est confrontée à des inondations importantes qui causent maladies hydriques et épidémies. Plusieurs projets de drainage pluvial ont déjà vus le jour afin d’améliorer les conditions de vie des populations de Douala en assurant le drainage pluvial de la ville et en aménageant plusieurs quartiers riverains des drains. Mais toujours les mêmes schémas se reproduisent. Du coté de la Mairie de Douala, (ex-CUD), les responsables de l’unité de veille assurent que cela est due à une forte pluviométrie, et une pression abondante de l’homme sur la nature.

Première ville du Cameroun avec plus de 2 millions d’habitants et une croissance d’environ 3,5 % par an, Douala s’étend sur le delta du Wouri dans une zone d’anciens marécages et de mangroves extrêmement plate.

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Les précipitations, fortes toute l’année (4 000 mm d’eau/an) et intenses en juillet/août, occasionnent des inondations importantes favorisant le développement d’épidémies de maladies hydriques. Douala est l’une des villes africaines où la question du drainage pluvial est une priorité.

De 2012 à 2017, l’Agence Française pour le Developpement,  a initié un projet avec pour objectif d’améliorer la prévention et la maîtrise du risque d’inondations, en permettant le passage des eaux pluviales à travers la ville. Il consistait à réaliser 39 kms de canaux qui suivent globalement les neuf cours d’eau naturels principaux correspondants aux neuf bassins versants, et à recalibrer leurs exutoires, afin d’augmenter leur capacité de drainage.

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Les canaux sont en béton armé, en perré maçonné ou en terre, et le projet avait inclue l’aménagement des ouvrages de franchissement routier, des pistes d’exploitation, des voies sur berges pavées latérales et rampes d’accès aux drains pour permettre leur entretien, la construction de passerelles pour piétons.

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Un programme d’aménagement de plusieurs quartiers défavorisés jouxtant les canaux était également intégré afin d’améliorer les conditions de vie des habitants (voies piétonnes et caniveaux, bornes-fontaines, éclairage public). Mais jusqu’ici les changements ne sont toujours pas au rendez-vous, avec plus de 32 milliards de FCFA dépensés par la Communauté Urbaine de Douala selon un rapport de 2017.

Ce qui fait courir des risques

Une marée humaine a envahi le lieu-dit carrefour Cité des Palmiers à Douala le 25 juillet 2018. La foule  scindée en deux grands groupes, séparés par une grande mare d’eau en provenance de la rivière Kondi, sortie de son lit. Massés par centaine à chacune des rives, les habitants, qui se rendent au boulot pour la plupart, cherchaient des voies et moyens pour rallier l’autre bout distant d’environ trente mètres. Des images comme celles là on en voit régulièrement dans nos villes.

Que fait l’institut de recherche pour le développement ?

L’Institut de recherche pour le développement (Ird), créé il y a 75 ans est présent au Cameroun depuis 70 ans. Deux journées d’échange d’expériences et de savoirs ont été organisées les 9 et 10 décembre 2019 au ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation. Au menu, trois sessions (vers un centre de recherche en biogéoscience de l’environnement, maladies émergentes et maladies négligées au Cameroun et en Afrique centrale et dynamique des villes durables problématiques) et une table ronde sur « recherche et partenariat ».

La ville de Douala, théâtre des inondations ces dernières années avec de lourds bilans sur les plans matériel, financier et humain a retenu l’attention des chercheurs en une telle occasion. Raphaël Onguené, chercheur, avait fait remarquer que la pluviométrie est en hausse dans la ville. Une ville qui a aussi vu sa population augmenter avec des habitations qui se construisent quelque peu de manière anarchique. Ce qui explique la lente décrue des eaux après une inondation.

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Manfred Essome
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