EYANGO : Chronique d’un succès mort-né !

EYANGO : Chronique d’un succès mort-né !

La première production des filles de la légende vivante sous BIG DREAMS, est un fiasco musical à nul autre pareil. Voici pourquoi après « Ma Lova » Kamala et Mina doivent arrêter la musique !

L’on aurait cru qu’après « Lingo » produit par CertiBeats, Prince Eyango en personne, et Dr Walter, la barre aurait été haute, après l’annonce en fanfare et grande pompe du titre « Ma Lova ». Erreur 404 ! Dévoilé le 9 Aout 2019 sur Youtube à 7h45, plusieurs caractères à l’écoute dénotent d’un titre peu flatteur.

1-Des voix toujours pas travaillées

A l’écoute de la chanson, la première chose qui attire l’attention ce sont les voix. Pourquoi chanter sans que l’auditeur ne puisse saisir l’ensemble des mots que l’on pose? Entre la voix fine de Kamala, et la voix peu aigue de Mina, on se pose des questions. La production n’est pas suffisamment audible pour le mélomane, meme si le clap de fin l’est avec une reprise de Kasha (ft Teeyah x Top One Frisson et l’ivoirien Anofela) « Kamala on dit quoi, on va gâter le coin », « Mina on dit quoi on va gâter le coin ». Les espaces vocaux n’ont pas été capitalisés puisqu’elles posent techniquement sur 3minutes 21 secondes sur 3’46 pour laisser place au trou noir. Théoriquement, on enseigne dans des académies de musique qu’il existe quatre sortes de voix : le soprano ou dessus, le  contralto ou haute-contre, le ténor ou taille, et enfin la basse. On assigne respectivement l’étendue moyenne en ayant soin d’observer que des voix exceptionnelles les excèdent souvent tant au grave qu’à l’aigu. Or, avec Kamala et Mina difficile de les classer dans une catégorie, sachant que les deux premiers types de voix sont généralement attribués aux femmes et aux enfants. Avoir une belle voix est une excellente chose en soi. C’est un don inné qui n’est pas donné à tout le monde, alors autant en profiter et s’en montrer digne ! « Ma lova » est la preuve que coté chant, l’entrainement, la respiration, la différence entre crier-chanter, la gestion du stress, les vocalises, la connaissance de son souffle par cavité nasale n’ont pas été respectées.

2-Un mélange linguistique mal ordonnancé

I don’t wants me a million dollar, I want me a lova lova, Everytime I say I love you, pourquoi tu réponds pas éhh…au refrain On ne le répètera jamais assez, dans les langues, l’accent et la bonne prononciation sont prépondérants, c’est pourquoi il faut bien s’exercer à prononcer les mots et pour cela, à bien assimiler leur musique et leur tonalité. Dans l’apprentissage de la musique, on doit percevoir des structures (notes), des tonalités, une harmonie pour finalement être apte à déstructurer une composition musicale appelée partition. Un musicien aura aussi plus de facilité à faire des liens entre les sons de sa langue natale(le duala) par exemple et ceux de la langue qu’il apprend. Chaque langue possède ses sonorités spécifiques ; arriver à faire la différence entre deux sons inconnus de notre répertoire auditif relève souvent du parcours du combattant. Si Kamala et Mina veulent « percer », elles doivent absolument performer et non venir se caresser sur des mélodies ! La chaine production et donc studio doit s’atteler à ne laisser sortir de la marmite, qu’une nourriture bien cuite et non à moitié cuite, et jusqu’à présent je me demande comment la production pu laisser passer cela ?

3-Du déjà entendu ! Cela  fatigue !

C’est un sacrilège pour Dom Prokop Diviš, du nom de ce moine tchèque qui est à l’origine de la musique au 18ème siècle. On ne fait pas de la musique pour faire, on se doit d’obtenir sa propre identité musicale, et non proposer des scénarios déjà entendus. S’il faille copier, soyez original ! Démarquez-vous des autres ! Les sœurs Eyango nous formulent du Daphné soupe « calée » sous version 3x mélangé à « l’école d’amour » de leur père fait en vitesse 8x d’il y’a huit ans. « Ma lova » qui parle d’un bien triste dessin d’amour, entre indifférence et relation sincère sans le paramètre argent devrait être mieux élaboré que ça. Ce n’est point de voir nos valeureux Locko, M Leo, ou encore Cysoul (encore que je reviendrai sur ces gars), que la copie doit être certifiée conforme. Zéro macabo ! Meme dans un segment sentimental musical, on ne doit point embrasser toutes les « bouches », autrement le groupe EYANGO ne sait pas ce qu’il fait.

 

Seul point positif, le beat

Utiliser de l’afropop ou des afrobeats reste quelque peu avantageux dans l’environnement musical africain. Ce mélange autour d’une sauce soul aux ingrédients africains n’a pas été si mauvais dans ce cas, puisque la production reste très dansante pour un certif en cœur. L’Afrobeat demeure assurément le rythme musical  le plus utilisé par les artistes de musiques urbaines en Afrique.  « Ma lova » se caractérise par un mélange des danses et des sons entre la musique pop américaine (structure technique) et la musique africaine. La musique pop s’inclut dans un mouvement de masse, dans lequel, les industriels prennent la plupart du temps au Cameroun en compte le pouvoir d’achat de la génération intermédiaire.  L’Afrobeat né au début des années 1970 avec Fella et plus récemment en années 2010 avec les jeunes chanteurs P square, Fuse ODG, Wizkid, Flavour entre autres, qui vont s’inspirer de Fela Kuti et le rendre plus moderne en y rajoutant un zeste de hip hop, est défini comme un catalyseur. Les boites EYANGO et BIGD n’ont peut-être pas eu tort d’y miser et d’arrondir les coquilles de « Lingo ». L’abcès doit être percé vocalement au risque de réveiller Bébé Manga de regretté mémoire de son profond sommeil. Kamala et Mina ont un long chemin à faire, car dans le pire des cas, il vaudrait mieux qu’elles se portent en marketistes ou figurines de vidéogrammes officielles plutôt qu’une carrière de chanteuse. Je ne savais vraiment pas que c’est comme ça que le père Eyango et l’équipe Ngongang allaient faire !

 

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Manfred Essome
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Intéressé par les questions internationales, il a pris ses marques en radio et télévision.

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