Dr NGOULA Roger « Afin de faire face aux enjeux des déplacés, les maires devraient effectuer en premier lieu des réserves foncières »
Depuis le début de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en 2016, plusieurs autres localités se retrouvent face à un nouveau défi qui implique l’habitat : la gestion des déplacés. Parmi les collectivités affectées, se trouve la Commune de Mbouda dans la région de l’Ouest. Le Maire s’est exprimé en exclusivité sur Villes & Communes ce 6 Octobre 2019, en marge de la journée mondiale de l’Habitat.
Villes & Communes : M. Le Maire, y’a-t-il une expérience au sein de la commune de Mbouda que vous souhaitez améliorer en rapport avec la gestion des déplacés ?
Dr NGOULA Roger : Oui. Il y’en a une. Il s’agit de l’identification. Parce qu’au terme de cette séance de travail que nous venons d’avoir, il y’a une chose qui trottait déjà dans ma tête c’est cet aspect. Identification des déplacés, et meme de les catégoriser, et les sécuriser. Evaluer leurs niveaux de compétences en fonction de leurs formations, et les intégrer dans le tissu social et productif de la commune. Voilà quelque chose d’important à faire. L’autre chose à gérer en lien avec l’ONU-Habitat, c’est de pouvoir réfléchir à l’Habitat de ces déplacés, ce sont les deux éléments qui m’ont marqué et pour lesquelles ma municipalité va devoir travailler.
Villes & Communes : Avez-vous un plaidoyer spécifique concernant votre territoire au-delà du Plan communal de developpement (PCD), pour avoir des villes résilientes qui répondent à la demande urbaine en rapport avec la planification territoriale ?
Dr NGOULA Roger : Alors, il va se poser très rapidement pour tous les maires, un problème foncier. Parce qu’à travers l’accroissement de la population, l’espace vital se réduit. Donc la première des choses que les maires devraient effectuer, c’est faire des réserves foncières. Et je pense que dans les textes de lois, ils ont cette possibilité de mettre de côté une certaine quantité de terre, pour le developpement de leurs communes. Aujourd’hui nous sommes en 2019, en 2030 il y’aura toujours des communes. Donc la première chose à faire c’est d’établir les réserves foncières et projeter la commune dans les 10-20 ans qui viennent. La Commune de Mbouda qui a une démographie galopante, nous avons un énorme problème pour trouver des lopins de terre afin de construire des logements sociaux communaux, ou même l’Hôtel Communal, ou encore les parkings communaux, nous avons déjà des contingences. Donc c’est la sécurisation des terres qui est le centre de l’habitat, et je pense que dans le cadre de la décentralisation poussée que le gouvernement veut implanter, donner la gestion du foncier aux maires et non plus aux autorités administratives.
Entretien réalisé par Manfred ESSOME
Auteur
Vous pourriez aussi aimer
38ème Assemblée Générale de l’AIMF: Les maires en conclave à Lille
Les élus locaux de l’association internationale réfléchissent du 5 au 7 novembre 2018 en France, sur les enjeux du sport au développement des villes francophones. Du 5 au 7 novembre
Togo – décentralisation : Les communes s’inspirent des autres modèles africains
L’Union des Communes du Togo a ouvert jeudi 25 octobre 2018 à Lomé, la 14ème édition de la Journée nationale de la commune togolaise sous le thème : « décentralisation financière
Guinée : blocus autour de l’installation des maires à Conakry
Le conflit ouvert entre les deux formations politiques l’UFDG et le RPG, empêchent depuis plusieurs jours, l’installation d’élus locaux. À Conakry, une grosse mésentente existe entre les élus des deux
0 Commentaire
Aucun commentaire pour l'instant!
Soyez le premier à commenter cet article!