Changement climatique: la filière bâtiment au coeur des enjeux

Changement climatique: la filière bâtiment au coeur des enjeux

 

Organisée par Le Moniteur, la conférence « Bâtir pour le climat » se tenait à Paris ce 1er octobre, avec une double ambition : identifier les solutions pour atténuer le réchauffement climatique et s’adapter à la hausse des températures.

« L’accord de Paris signé en décembre 2015 vise à prendre des mesures pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici à la fin du siècle », a rappelé le climatologue et prix Nobel de la Paix, Jean Jouzel en ouverture de la conférence BO2, organisée par Le Moniteur à Paris le 1er octobre 2019.

« Nous vivons déjà dans un monde dont le climat est modifié par les activités humaines. La meilleure solution désormais consiste à chercher à limiter ce réchauffement. Nous devons prendre des mesures afin que la hausse des températures ne se poursuive pas au-delà de + 2 °C. Dans ce contexte, nous attendons beaucoup du secteur du bâtiment », a poursuivi le climatologue français.

L’enjeu est de taille puisque le bâtiment représente 25 % des émissions de gaz à effet de serre. Les défis pour la construction concernent avant tout la rénovation de passoires thermiques. Un enjeu identifié depuis le Grenelle de l’environnement en 2008. Mais il s’agit aussi de traiter la construction neuve et d’aller au-delà des exigences de la RT 2012. Les préoccupations en cette fin d’année 2019 concernent l’expérimentation E+C- (bâtiment à énergie positive et réduction carbone) qui doit préfigurer la future Réglementation environnementale (RE) 2020.

A ce sujet, Mikaël Thiery,  adjoint au sous-directeur de la qualité et du développement durable dans la construction au sein de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP), a confirmé que la publication des textes est toujours prévue pour l’été 2020, « avec une entrée en vigueur progressive » afin de laisser un « délai d’acculturation » aux professionnels. Pour l’instant, l’observatoire Objectif bâtiment énergie carbone (Obec) compte environ un millier d’opérations, dont une majorité de maisons individuelles et de logements collectifs et assez peu de bâtiments tertiaires.

Afin d’approfondir ces sujets, des groupes d’experts ont été créés début 2019. Ils devaient plancher sur des questions précises comme le périmètre de l’analyse du cycle de vie (ACV).

Doit-elle s’étendre à la parcelle, par exemple ? Comment prendre en compte la fin de vie du bâtiment ? Reste-t-on sur le chiffre « classique » de 50 ans ? Faut-il aller au-delà ? Comment prendre en compte le stockage temporaire du carbone dans l’ouvrage, comme le fait le bois par exemple, etc

 

Entre janvier et juin 2019, ces travaux ont été partagés avec des acteurs du terrain dans le cadre de groupes de travail mis en place sur les méthodes d’évaluation des performances de la RE 2020.

Co-animé par des représentants de l’Etat et des chefs de file du Conseil supérieur de la construction, ces groupes de travail sont en train de rendre leur copie. « Les arbitrages sont en cours et je ne peux pas donner de détails sur la méthode d’évaluation, a admis Mikaël Thiery, avant de poursuivre : « Le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) a rendu ses recommandations. Il s’agira de tester de façon assez large les indicateurs qui fixeront les exigences. Il y aura ceux établis dans le cadre de l’expérimentation E+C-, des indicateurs utilisés par la RT 2012, mais aussi de nouveaux éléments introduits par la loi Elan ou la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). » Les informations restent donc pour l’instant encore assez vagues.

La concertation va se poursuivre jusqu’au début de l’année prochaine. En attendant, Mikaël Thiery met en avant les points de vigilance dont il faut tenir compte. Ils sont relatifs à la faisabilité technique de la future RE 2020, à la disponibilité des données environnementales ou à un recadrage des données par défaut des FDES jugées trop pénalisantes par certains.

Les autres sujets à suivre  concernent les travaux menés par nos voisins européens et la soutenabilité économique du dispositif. Reste à espérer que les résultats de ces concertations soient bien à la hauteur des objectifs fixés par l’accord de Paris.

Source : lemoniteur.fr

 

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Manfred Essome
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