“Depuis 1994, nous souhaitons que les autorités nous permettre de construire en matériaux définitifs”
Suite à l’incendie qui a ravagé le marché Elig-Edzoa, Villes & Communes a donné la parole aux commerçants sinistrés de l’espace le 7 mars 2019.
Ndzana Rose, Epouse Mvog-Onana, Gérante du Centre de Santé communautaire d’Elig-Edzoa.
« Infirmière, j’ai ce centre de santé depuis le 13 novembre 2005. Cela fait la deuxième fois que je suis victime d’incendie, et je perds du matériel et de l’argent à chaque fois. Cette fois ci c’était la catastrophe. J’ai été appelé vers 3h du matin, venu près d’une heure plus tard je suis venu constater qu’il ne restait que la cendre. Il y’a un médecin qui vient de temps en temps ici soulager les malades, et travaille à l’Hôpital Général de Yaoundé. Il a apporté de l’aide logistique importé d’Italie et son matériel est parti en fumée, je suis en larmes. Ce sont plus de 3 millions de FCFA que le Centre a perdu. A aucun moment on n’a reçu l’aide de la commune de Yaoundé 1er, encore moins de la chefferie après le premier incendie. J’espère que cette fois ci sera la bonne. Le médecin principal du Centre, avait même saisi les autorités locales et la Communauté urbaine de Yaoundé, pour obtenir l’autorisation de construire en dur, ce qui lui a été refusé. Je recevais en moyenne près de 30 personnes par jour, parfois des femmes enceintes pour accouchements. Le centre ouvert de 6h à 18h30 sauf en cas d’urgence spécifique. Nous souhaitons que les pouvoirs publics admettent la construction des espaces en matériaux définitifs. »
Nyobè Bernadette, Commerçante installée au marché Elig-Edzoa depuis 1994.

« C’est la troisième fois que nous sommes victimes d’incendie dans ce marché. Pourquoi les autorités ne veulent pas nous permettre de mettre les parpaings ? A chaque fois, nous payons les frais à la chefferie pour reconstruction en matériaux provisoires, parce qu’elle refuse de nous donner le feu vert pour des constructions en dur ! Je fais dans la friperie et j’estime ce que j’ai perdu à 800.000 FCFA. »
Wafo Bernard, Grossiste

« Nous sommes 15 dans notre secteur alimentaire à s’être réunis pour la vente des produits agricoles et vêtements. Essentiellement des sacs de choux, pommes de terre, carottes, poireaux et autres condiments verts. L’incendie a ravagé tous nos ballots d’habits. Ce que j’ai perdu avec mes confrères 3 millions 500 000 FCFA. L’Etat est lent, et s’il ne veut pas nous aider immédiatement, qu’il nous laisse reconstruire nous-mêmes nos boutiques. J’ai la famille à la maison et c’est le voisinage qui me vient en aide car j’ai tout perdu. »
Dieudonné Kenfack, commerçant

« Lorsque j’évalue mes pertes c’est au moins 700.000 FCFA, nous attendons de l’aide des autorités, nous sommes fatigués, chaque année c’est toujours la même chose, il y’a la gendarmerie de Manguiers, le Commissariat de l’Omnisports, nous constatons que les premiers gestes de protection ne sont pas faits, pas de poste d’incendie. Chaque fois, on paye les quittances, les frais de construction au moins 50.000 FCFA, 100.000 FCFA on a l’impression que c’est le business des autorités locales. 4 mars 2018, 4 mars 2019 toujours la même date, nous ne connaissons pas les causes de ces incendies, la Communauté urbaine dit que c’est dû aux branchements, mais à chaque fois ? »
Propos recueillis par Manfred ESSOME.
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