Abstention record aux élections municipales et législatives du 9 février 2020 au Cameroun

Abstention record aux élections municipales et législatives du 9 février 2020 au Cameroun

Véritable enjeu du double scrutin du 9 février couru d’avance du fait d’une victoire programmée du parti au pouvoir, le respect du mot d’ordre de boycott lancé par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et des leaders d’opinion établirait un record d’abstention à plus de 70%.

Pour savoir que le régime de Yaoundé jouait la légitimité de l’écrasante victoire (71,28%) de Paul Biya à la présidentielle d’octobre 2018, il faut revoir toute la hargne des thuriféraires du régime à démolir, pendant la campagne électorale du 25 janvier au 8 février 2020, le Mrc et son leader Maurice Kamto en tournée internationale, pour leur appel à un boycott massif et actif des municipales et législatives. Dans cette disposition à “boycotter le boycott” plutôt qu’à vanter les mérites du Rassemblement démocratique du peuple Camerounais (Rdpc) qui a disposé d’une écrasante majorité à l’Assemblée nationale depuis 1997 et dans les communes depuis 1996, ils ont pu compter sur le mot bien senti de Paul Biya à la sortie de son bureau de vote à l’école publique de Bastos. “Je saisis cette occasion pour demander à tous mes compatriotes de faire leur devoir en allant au vote, contrairement aux appels au boycott de certains petits partis politiques. La démocratie marche au Cameroun et elle avance à grands pas”, a-t-il affirmé au micro de Charles Ndongo, directeur général de la Crtv, “le tam-tam du Président”, comme ce dernier l’avait affirmé à sa nomination par celui-ci.

Des premières informations provenant des régions à enjeu, celles du Sud, de l’Est, du Sud-Ouest et dans une moindre mesure du Centre ne l’étant pas, il ressort cinq informations principales: le taux de participations moyen tournerait autour de 30%, certaines localités se situant même en-dessous de 10%. Le Social democratic front (Sdf) qui jouait gros en l’absence du Mrc perdrait des bastions mais garderait son statut de deuxième force politique déjà mise à mal en 2018. Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) de Cabral Libii serait en passe de devenir la quatrième force politique du pays, derrière l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) de Bello Bouba Maigari, qui vivrait une deuxième jeunesse. Le Front national pour le salut du Cameroun (Fnsc) d’Issa Tchiroma Bakari fermerait ce carré d’as de l’opposition. Paul Eric Kingue, directeur de campagne de Maurice Kamto à la présidentielle et qui a choisi de faire cavalier seul à ce double scrutin serait laminé dans ce qu’il considérait avec force revendications et menaces comme son fief électoral.

Toutefois, à la lumière des résultats controversés publiés par le Conseil constitutionnel le 22 octobre 2018, les Camerounais attendent de savoir quel sera le taux officiel d’abstention que publiera cette instance dont les membres sont majoritairement des militants du Rdpc, sachant que le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a donné le ton de la position gouvernementale et de son parti dès la fermeture des bureaux de vote: “Le mot d’ordre de boycott lancé par certains responsables de partis politiques qui, en réalité, ont eu peur de participer aux élections, a été ignoré par l’immense majorité des Camerounais”. Pour ne pas remplir le verre à moitié, le ministre spécialiste de la démesure et des propos à polémique a ajouté: “S’agissant des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les populations sont sorties massivement pour accomplir leur devoir civique dans toutes les circonscriptions administratives”. Alors même que plusieurs de ces ciconscriptions sont désertées par les populations depuis le début de la crise en novembre 2016, sont entre les mains des sécessionnistes qui y font régner la loi de la terreur, et ont poussé les candidats à battre campagne, pour les téméraires qui en faisaient, loin de leur base. Et plusieurs de nos sources confirment un boycott cinglant dans les principales villes des deux régions anglophones, les populations se terrant par peur des représailles.

En attendant, l’on a enregistré trois morts dimanche dans la localité de Koupa-Matapit, dans le département du Noun, région de l’Ouest. Des personnes sorties de leur domicile et tuées à la machette, pour cause de boycott. Des violences ont aussi été notées à Foumban.

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Kamdem Souop
Kamdem Souop 343 Articles

Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il a dirigé le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la WebTv www.villesetcommunes.tv de 2011 à 2020.

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