Marcel Niat Njifenji : Représente les CTD sans trop d’offensive

Marcel Niat Njifenji : Représente les CTD sans trop d’offensive

Depuis bientôt deux ans, il préside le Sénat du Cameroun. Cette Chambre Haute du Parlement camerounais qui représente les collectivités territoriales décentralisées. Les réalisations de cette Chambre constitueront des repères de poids pour le monde de la décentralisation.

Le président du Sénat Camerounais n’est certainement pas très friand de la pré- séance de l’ordre constitutionnel au Cameroun. La récente actualité sur la présentation des vœux le montre encore. C’est le samedi 10 janvier 2015 qu’il a reçu les vœux de ses collègues et du personnel de l’institution qu’il préside. Cette cérémonie a eu lieu après celles du président de l’Assemblée Nationale qui a pris le soin d’organiser la sienne quelques heures après l’ouverture du rituel républicain par la présentation des vœux à M. Paul Biya au Palais de l’Unité le 8 janvier 2015. Dans d’autres sphères cela aurait fait grand bruit. Que non. Le président du Sénat camerounais est resté fidèle à ses positions. Peut- être parce que l’institution qu’il dirige est encore nouvelle dans les esprits des autorités camerounaises, ou encore parce qu’il sait ce qu’il doit faire dans sa posture de Seconde personnalité de la République après le Chef de l’Etat.Cette posture transparait d’ailleurs dans l’en- semble de l’activité parlementaire de cette Chambre Haute du Parlement camerounais durant l’année 2014. La séance de seconde lecture des textes semble trouver son côté négatif de par la nature des textes soumis à la Chambre par les députés. L’approche holistique se dévoile dans tous ces textes sans trop grandes emprises avec les réalités du développement local et de l’amélioration des conditions de vie des populations dans les villes et villages du Cameroun.

Et pourtant, Marcel Niat Njifenji a le profil de l’emploi dans la défense des intérêts des collectivités territoriales décentralisées. Bien qu’au lendemain du 14 Avril 2013 jour de la tenue de l’élection scrutin des 70 premiers sénateurs, et la nomination des trente autres suivant la loi constitutionnelle, personne ne voyait ce fils du département du Ndé à l’Ouest Cameroun à la tête du perchoir du Sénat, force est d’indiquer qu’il présente tout de même des atouts pour défendre les positions des collectivités territoriales décentralisées dont il est le premier représentant.Il jouit d’une parfaite connaissance de certaines préoccupations et besoins que connaissent les populations locales. Au premier rang : l’eau et l’électricité. Deux domaines sur les- quels il a bâti sa carrière de haut commis de l’Etat depuis le 31 décembre 1960, la date de son retour au Cameroun après de brillantes études sanctionnées du diplôme d’ingénieur des ponts et chaussées. Il maîtrise depuis lors tous les rouages de l’industrie énergétique au Cameroun. D’Energie Electrique du Cameroun à la Société Nationale d’Electricité (SONEL) qu’il participe à créer en passant par Electricité du Cameroun (EDC), il a eu une parfaite maîtrise des données de terrain dans le domaine.

S’agissant des réalités de l’administration en charge de ce secteur, rien ne lui est aussi étranger. Puisqu’il a été nommé en Avril 1992, Vice-premier Ministre chargé des Mines, de l’Eau et de l’Energie tout en gardant ses fonctions de Directeur général de la SONEL. Avant ce poste ministériel, il a cumulé à partir du 7 septembre 1990 ses fonctions au sein de cette entreprise de souveraineté avec celles de ministre du Plan et de l’Aménagement du Territoire. Ce ministère devenu Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) joue aujourd’hui un rôle majeur dans la mise en place du processus de décentralisation, notamment par la tutelle qu’il exerce sur le Programme National de Développement Participatif.

Là aussi, Marcel Niat Njifenji a une connaissance des réalités du développement local à partir des communes. Il sait que les maires au Cameroun ont des difficultés dans leurs relations avec les services déconcentrées de l’Etat, ou encore que les maires n’ont pas de salaire et qu’il y a un véritable problème de financement des projets de développement, que l’architecture de la décentralisation n’est pas encore achevée avec l’absence des régions décentralisées et des conseils régionaux… Entre 2002 et 2007, l’actuel président du Sénat a été maire de la commune de Bangangté qui disposait déjà à son départ d’un document de Planification communal. Mais rien de tous ces éléments n’est observable dans les textes de lois qui ressortent du Sénat. C’est le règne du statu quo dans le contrôle de l’action gouvernementale dans le domaine de la décentralisation. Pas d’avancée des collectivités territoriales décentralisées du fait de la mise en place de leur chambre depuis près de deux ans. Les maires et les populations locales attendent encore les retombées de cette institution spécialement appelée à répondre à leurs aspirations.

Et pourtant, au sein du Sénat, qu’il préside, il y a d’autres anciens maires, anciens députés, anciens ministres sur qui les populations locales et acteurs de la décentralisation fon- dent des espoirs. Des espoirs de représentations des collectivités territoriales décentralisées. Ce qui passe par des lois spécifiques et adaptées au milieu du développement local. Pourquoi pas des « lois Njifenji » sur l’électrification rurale ou encore sur l’hydraulique communale…

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Auteur

Kamdem Souop
Kamdem Souop 301 Articles

Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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