Législatives 2020 : L’opposition n’aura pas de groupe parlementaire
L’extrême sévérité du score obtenu par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais aux légistatives du 9 février dernier est telle que pour la première fois depuis 1992, il sera le seul parti disposant d’un groupe parlementaire.
68 députés pour l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) en 1992, 13 députés en 1997, 1 député en 2002, 6 en 2007, 5 en 2013 et 7 en 2020. Ce parti n’a eu de cesse de dégringoler dans les urnes depuis son étonnant score de 1992 qui lui a avait permis de s’en tirer avec le plus important groupe parlementaire d’un parti d’opposition depuis 28 ans. Pourtant , il faut dire que le parti de Bello Bouba Maïgari demeure à ce jour le seul parti de l’opposition à avoir jamais présenté des listes complètes dans 45 circonscriptions sur 49 aux législatives.
Le Social democratic front (Sdf) ne fait pas mieux. De 43 députés en 1997, il est passé à 22 en 2002, puis 16 en 2007 et 18 en 2013. Et à moins d’un arrangement de circonstance pour les partielles qui seront organisées au plus tard le 9 avril dans 11 circonscriptions des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il se contentera de 6 députés en 2020. Soit son pire score depuis qu’il prend part aux élections législatives.
Si l’on excepte l’Union des populations du Cameroun (Upc) en 1997 avec 18 sièges, les deux poids lourds de l’opposition depuis le retour au multipartisme n’auront donc pas réussi à obtenir chacun les 15 députés nécessaires à la formation d’un groupe parlementaire.
Reste alors la dernière option : la coalition des partis pour former un groupe parlementaire. Dans un envronnement politique qui n’a jamais fait la part belle aux programmes et courants politiques, on se demande bien quelle alchimie pourraient trouver l’Undp et le Sdf pour s’allier au Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn, 5 députés) qui se revendique de Centre-droit, innovation locale, ou avec l’éternel second couteau qu’est l’Union démocratique du Cameroun (Udc, 4 députés). A moins de trouver une formule qui fédère les 3 sièges du Mouvement pour la défense de la République (Mdr) de Dakolé Daïssala et les 3 du Front national pour le salut du Cameroun (Fnsc) d’Issa Tchiroma Bakari. Un rapprochement naturel pourrait déjà s’opérer avec les 2 députés de l’Union des mouvements socialistes (Ums) de Pierre Kwemo, ancien de la maison Sdf. Mais sera-ce sufisant?
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