Tanzanie – Environnement: EcoAct redonne une seconde vie au plastique

Tanzanie – Environnement: EcoAct redonne une seconde vie au plastique

La start-up EcoAct transforme bidons, sacs, bouteilles… en poutres de construction, luttant ainsi contre la pollution et la déforestation. Elle a remporté le prix de la catégorie « habitat »,  et le Grand Prix de l’innovation urbaine 2019 du « Monde ».

On serait bien en peine, à première vue, de dire de quoi sont faits ces poteaux noirs entassés au fond de l’atelier. Ronds ou carrés, ils pourraient passer pour du métal, si ce n’est leur poids, plutôt léger (entre 9 et 14 kg), et leur toucher rugueux semblable à du caoutchouc. La réponse se trouve à quelques mètres seulement, dans un grand tas de ­déchets formé de bidons, de seaux, de bouteilles et de sacs à usage unique, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Mais tous usagés. Et tous en plastique.

« Pour nous, tout cela n’est pas du déchet, mais de l’argent ! »

Lancée il y a un an, la start-up EcoAct collecte des déchets plastiques dans le quartier de Tegeta, une zone populaire de la banlieue de Dar es-Salaam, en Tanzanie, et les transforme en poteaux de différentes tailles, destinés à remplacer le bois et le métal. « Nous utilisons toutes sortes de plastiques, même les morceaux d’ordinateurs », affirme Christian Mwijage, le fondateur de cette entreprise qui emploie 16 personnes et travaille avec une cinquantaine de collecteurs de rue. « Pour nous, tout cela n’est pas du déchet, mais de l’argent ! », ajoute-t-il en désignant l’amas de détritus.

L’entrepreneur de 35 ans, petites lunettes et chemise à carreaux, travaillait jusqu’au lancement de l’entreprise comme informaticien, une voie tracée pour lui par ses parents, malgré son intérêt « depuis l’enfance » pour l’environnement. « Mais dans la culture tanzanienne, si vous travaillez dans les déchets, c’est que vous n’avez pas d’autre choix. Moi j’ai voulu industrialiser ce secteur », raconte au journal Le Monde  celui qui a étudié les sciences de l’informatique, à Dar es-Salaam, puis la gestion d’entreprise à Washington. En mai 2017, il démissionne, réunit ses économies, vend un terrain hérité de son père, et se lance dans l’aventure entrepreneuriale, avec pour but de trouver une solution à la pollution plastique qui défigure nombre de paysages et d’écosystèmes en Tanzanie.

Ce pays d’Afrique de l’Est produit, selon les chiffres d’EcoAct, 14 800 tonnes de déchets par jour, dont 48 % sont des plastiques. Face au problème, la Tanzanie vient d’ailleurs d’interdire, le 1er juin, les sacs en plastique. Parallèlement, le pays connaît un boom de la construction, un secteur consommateur de bois qui participe à la déforestation. L’exemple du Kilimanjaro a marqué Christian Mwijage. Le plus haut sommet d’Afrique est très touché par le phénomène, qui contribue à faire disparaître sa couverture neigeuse. Il passe des heures sur Internet, discute avec des experts, suit un cours en ligne sur les polymères. Sur Internet, des vidéos expliquent comment faire du « bois plastique », que de petites entreprises fabriquent déjà au Kenya voisin, mais aussi en ­Colombie ou encore au Mexique. « J’ai fini par comprendre que cette idée était la meilleure », résume-t-il dans les locaux de l’entreprise une pièce unique avec quelques ordinateurs.

Source : Le Monde

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Manfred Essome
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