Présidentielle 2018 : Les déplacés soustraits au scrutin présidentiel

Présidentielle 2018 : Les déplacés soustraits au scrutin présidentiel

La crise sécuritaire dans l’Extrême-Nord et en régions anglophones, ont eu pour l’une des conséquences, le déplacement massif des populations, qui se trouvent empêchées d’exercer leur droit citoyen le 7 Octobre 2018.

Depuis le début de la crise sécuritaire et les incursions de Boko-Haram en 2014, les habitants de la région de l’Extrême-Nord, ont vu leur vie basculer, avec la transformation de ces localités en théâtre de guerre. Plusieurs personnes qui ont plié bagages vers d’autres localités, se trouvent aujourd’hui sans carte d’électeur, pièce nécessaire d’exercice au vote.

Djakana, Kolofata, Amchidé dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, à quelques kilomètres de la frontière nigériane, sont autant de lieux, qui ont subi les affres des djihadistes de Boko-Haram, et décimés de nombreux villages.

Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, 10% de la population de l’Extrême-Nord a fui les incursions jihadistes répétées et lancées depuis le Nigeria voisin. Parmi eux, 80.000 sont aujourd’hui retournés chez eux, mais 238.000 sont encore considérés comme déplacés par le conflit, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

Par ailleurs, la plupart de ces potentiels votants, refugiés chez des proches en zone urbaine, n’ont pas pu s’inscrire sur les listes électorales pour d’uns, d’autres n’ont pas pu obtenir leur carte d’électeur à ce jour selon des témoignages, et pour une frange de ces personnes, des pots de vins sont réclamés pour en avoir. Toutefois, selon le délégué régional ELECAM Amadou Ali, “tous les déplacés voteront”.

Meme son de cloche dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ou se déroule une violente guerre entre les séparatistes et l’armée depuis 2017. Dans la région du Sud-Ouest, ils sont 246.000 déplacés, selon les Nations Unies. Aucun chiffre n’est disponible pour le Nord-Ouest, en raison d’un verrou sécuritaire imposé par Yaoundé. Les deux régions sont difficiles d’accès pour les humanitaires et les journalistes. Quelque 25.000 autres personnes se sont réfugiées au Nigeria voisin, selon l’ONU. Les populations de ces deux régions, ont du se déplacer vers les villes de Douala, Yaoundé, Bafoussam, et bien d’autres pour trouver refuges. Nul doute que cette masse de voix manquante, sera significative au cours de ce scrutin présidentiel dimanche 7 octobre.

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Manfred Essome
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