Massacre de Ngarbuh : Paul Biya ordonne la mise aux arrêts les soldats incriminés

Massacre de Ngarbuh : Paul Biya ordonne la mise aux arrêts les soldats incriminés

68 jours après les faits, et les dénonciations de Human Rights Watch et l’ONU, Le Président de la République a fait connaître à l’opinion nationale et internationale mardi 21 avril 2020, les conclusions du rapport de la Commission d’enquête créée le 17 février 2020.

A la suite du massacre des civils dans la localité de la nuit du 13 au 14 Février 2020, le Chef de l’Etat avait instruit une commission d’enquête composée de membres. L’on se souvient du tout premier rapport de l’organisation internationale Human Rights Watch, faisant le tour du monde des médias s’agissant des dénonciations. Human Rights Watch révélait alors que des militaires avaient été impliqués dans cette tuerie de civils. Toutefois, l’ONG n’a pas tout à fait vu juste, puisqu’elle mentionnait des meurtres de sang-froid, or le rapport fait étalage d’une bavure commise lors d’une opération militaire.

Les responsabilités établies

Les militaires ont tué 3 femmes et 10 enfants et ont ensuite tenté de masquer la “bavure” en incendiant le village, peut-on lire dans le communiqué officiel. Des révélations effroyables. Paul Biya a eu la main lourde vis-à-vis des militaires qui ont participé à la tuerie de civils à Ngarbuh (Nord-Ouest). La commission était placée sous la supervision du Sécrétaire d’Etat chargée de la Gendarmerie nationale, et présidée par un Magistrat militaire, elle était composée des Officiers des armées et gendarmerie nationale.

A titre exceptionnel, les personnes ci-après ont été appelées pour participer à cette commission : Chemuta Divine Banda, Président de la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés, Mgr George Nkuo, Evêque du Diocèse de Kumbo, Ahmadou Baba, Iman de la Mosquée centrale de Ntumbaw, Mme Bibina Mih, CEO de l’ONG BIHAPH, Chenwi Shu, Sécrétaire régional de la CNDHL Nord-Ouest. Les Nations Unies ont été appelées par le PR Paul Biya pour un appui technique.

Les conclusions ci-après ont été mentionnées :

-Ngarbuh était devenu une base arrière pour les terroristes et un pôle logistique

-Des exactions étaient commises par les sécessionnistes dans la zone justifiant l’intervention des Forces de maintien de l’ordre.

-Une mission de reconnaissance a été ordonnée par le commandant du 52ème BIM Charles Eric Nyiangono Ze le 12 février 2020. Le sergent Baba Guida, chef du Groupe Mixte de Ntumbaw la conduisait.

-Le détachement a quitté la base de Ntumbaw le 13 février composé de 3 militaires et 2 gendarmes. Au cours de la progression, le chef de détachement a pris le soin de se faire accompagner par 17 membres d’un comité de vigilance local.

-à l’entrée du village le groupe s’est séparé en deux groupes pour ratisser les villages Ngarbuh 2 & 3

-Arrivé à Ngarbuh 3, lieu de la tragédie, l’équipe dirigée par le Sergent Gida, le gendarme Sanding Sanding Cyrille, du soldat de première classe Haranga et de 10 membres du comité de vigilance a donné l’assaut sur la base des informations données par un terroriste repenti et un paysan de la zone.

-Au cours des échanges de tirs, 10 enfants et 3 femmes ont péri, 5 terroristes abattus et des armes saisis.

-Pris de panique par ces décès de civils, les militaires ont tenté de maquiller la scène aidée par le comité de vigilance de 10 personnes, usant des incendies.

-Revenu à la Base militaire de Ntumbaw, le Sergent GUIDA a communiqué un rapport biaisé sur lequel le Gouvernement a fondé sa première déclaration.

-Les 3 militaires sont tenus responsables des exactions et incendies de maison ainsi que les dix membres du comité de vigilance non encore identifiés, les militaires ont associés des civils armés au cours de leur opération militaire.

-Une procédure disciplinaire est ouverte contre le chef de bataillon Nyiangono Ze Charles Eric, commandant du 52è Bataillon d’Infanterie Motorisée (BIM) et tous les militaires ayant participé à cette opération. Pour leur part, le sergent Baba Guida, le gendarme Sandind Sanding Cyrille et le soldat de première classe Haranga Gilbert ont été mis aux arrêts

-L’exhumation du corps des victimes pour leur donner une sépulture digne aux frais de l’Etat

-Le recensement des ayants-droits des victimes par l’Autorité administrative aux fins du versement par l’Etat des indemnisations et compensations appropriées

-Le renforcement de la sécurisation du village de Ngarbuh, et création d’une base militaire, ainsi que l’érection d’autres services publics qui devraient permettre une meilleure protection des civils.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat S.E Paul Biya a présenté ses sincères condoléances aux familles des victimes, attache au respect des principes de protection des droits de l’Homme en collaboration avec les ONG, et met un point d’honneur aux conclusions du Grand Dialogue National.

Le Gouvernement avait reçu un premier rapport visiblement biaisé

Sur la base des premiers éléments reçus par le Gouvernement, Le ministère de la Défense « avait formellement démenti les allégations mensongères » à propos du rôle de l’armée dans le massacre de 22 civils dans le Donga-Mantung, assurant qu’il s’agit d’un « malheureux accident » après des échanges de tir entre forces de sécurité et rebelles sécessionnistes. La polémique avait alors enflée au Cameroun après l’annonce du massacre d’au moins 22 personnes dans le département du Donga-Mantung, le 14 février, au cours de combats opposant les forces de défense camerounaises aux milices armées qui opèrent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Certaines sources évoquaient le nombre de 22 et meme plus, notamment l’Evêque de Kumbo, région du Nord-Ouest.

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Manfred Essome
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