Hôpitaux : Le CHU vacciné contre les règles d’hygiène

Hôpitaux : Le CHU vacciné contre les règles d’hygiène

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Yaoundé affiche fière allure sur sa façade principale. À l’arrière, l’état de la peinture a subi l’érosion du temps. Tout comme les toilettes des urgences.

Intrusion soudaine par l’arrière du CHU de Yaoundé au quartier Melen le 06 mai 2015. Deux dames originaires du Septentrion attisent le feu à l’ombre des arbustes qui s’y trouvent. Une troisième dame apparait. Un seau à la main, le pagne qu’elle a attaché dévoile ses épaules où perlent des gouttes d’eau. Elle revient d’un bain presqu’en plein air non loin des bâtiments du Centre International de Référence Chantal Biya. Sur la route qui débouche au service des urgences de cet hôpital, une tâche noire sur quelques pavés surélevés et une odeur de matières fécales.

Des gardes malades sont sur le hall du sous-sol. Une dame, la cinquantaine révolue se dispute avec un vigile à l’entrée de la porte des urgences. Où sont les toilettes ? demande le reporter. Un couloir est pointé du doigt par une femme assise devant la table de renseignements. Sur ce couloir, des affiches au format A4 orientent vers le fond du couloir. Au fur et à mesure qu’on avance, l’odeur des urines se fait plus forte. L’affiche finie par nous conduire dans ce qui est considéré comme toilettes des urgences de l’une des plus grandes formations sanitaires du pays, qui sert par ailleurs d’hôpital d’application de la Faculté de médécine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1.

Un homme vêtu d’un costume bleu pétrole déverse son urine à partir de la porte d’une cabine. Il se dirige vers le robinet pour se laver les mains. « C’est sec », fulmine-t-il. Lorsqu’on observe les toilettes des urgences du CHU de Yaoundé, le bilan est triste. Pas d’éclairage : une lampe est accrochée sur la dalle, une autre a sauté il y a fort longtemps certainement à cause d’un court-circuit qui a laissé des traces sur la dalle. Les urinoirs pour homme sont arrachés. L’obscurité des cabines n’offre pas le détail sur le niveau d’entretien. Sauf qu’une forte odeur pollue l’atmosphère.

Avec une torche de téléphone, le constat dévoile la moisissure sur les parois des cabines. Les sorties sont bouchées. Les courageux chient et pissent sur l’inondation créée par le manque d’entretien des toilettes des urgences du CHU. Les trois box sont dans cet état d’abandon. Le plancher de couleur rouge lui donne l’impression d’être propre. On apprendra que c’est parce que faute de mieux, certains gardes malades viennent prendre leur bain dans ces conditions non hygiéniques. Une jeune dame enceinte est de passage à cause d’un besoin pressant. Son accompagnateur ne peut résister à la forte odeur qui se dégage. La femme enceinte se libère vite de l’urine qui perturbe son état avant de clore par un crachat obligatoire dans un tel environnement. Pour des mesures de sécurité, nous remontons à l’étage supérieur, où nous rencontrons une dame la cinquantaine révolue portant un sceau d’eau sur sa tête.

En inspectant l’hôpital l’on pas pu voir d’autres toilettes dans les couloirs. Certainement, il y en a dans les chambres d’hospitalisation. Mais il est fort probable que les hautes herbes qui entourent l’arrière de cet hôpital, sont d’une utilité certaine pour les malades et leurs accompagnateurs qui fréquentent ce lieu au quotidien. Un constat qui s’est vérifié aussi à HGOPY et à l’hôpital central.

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Kamdem Souop
Kamdem Souop 288 Articles

Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige www.villesetcommunes.info et présente l'émission de télévision www.villesetcommunes.tv

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