Aide au dévelopement: La solidarité à l’échelle des territoires

Les grands traits de l’action internationale des collectivités françaises sont présentés dans un rapport d’information de la session ordinaire 2012-2013 du sénat. L’Afrique occupe une place prépondérante tant en termes de ressources financières que dans le cadre de l’assistance technique.

Le nombre d’acteurs de la coopération décentralisée est croissant en France. « Aujourd’hui, on dénombre 4 806 collectivité territoriales qui interviennent dans près de 140 pays » peut-on lire dans le rapport d’information présenté par le sénat français. Ces acteurs se recrutent dans diverses échelles dont 26 régions, plus de 80 départements sur les 101 que compte le pays ; toutes les grandes villes ainsi que de « très nombreuses communes de toutes tailles sont impliquées ». L’option de l’intercommunalité prospère avec 250 intercommunalités qui mènent des actions en collaboration avec leurs homologues à travers le monde. Ceci pour plus de 12 000 actions des coopérations décentralisées.

En termes de contribution financière, l’aide publique au développement (Apd) des collectivités territoriales s’élève en 2010 à 60,5 millions d’euros. Une enveloppe appelée à augmenter. « Selon les estimations, l’effort d’Apd devrait atteindre 65 millions d’euros en 2011 (déclaration en 2012) et 70 millions en 2012 et 2013 ». Car entre 2003 et 2009, cette aide déclarée par les collectivités locales est passée de 46 millions d’euro à près de 60 millions d’euros ; soit une augmentation en sept ans de 24 millions d’euros. Ce qui représente un pourcentage de 35% par rapport à 2003. Mais suivant les chiffres de 2010, l’on note une diminution de l’Apd qui se situe à 60,5 millions d’euros contre 60,7 millions d’euros en 2009.

Des domaines diversifiés

« La diminution des montants d’Apd des collectivités territoriales en 2010 ne signifie toutefois pas que la coopération décentralisée marque le pas, et ce pour plusieurs raisons », justifie le rapport rédigé par le sénateur Jean-Claude Peyronnet au nom de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation sur la Coopération décentralisée. Ce d’autant plus que « De manière générale, les montants d’Apd des collectivités territoriales sont connus de manière parcellaire ». Et d’ajouter qu’il y a « un consensus sur le fait que les dépenses sont sous-estimées. L’absence de déclaration de la part de certaines collectivités constitue l’une des raisons. Sur la période 2008-2010, près de 47% des régions, départements, villes de plus de 100 000 habitants ou communautés urbaines n’ont pas déclaré d’Apd »

La posture du sénat français ne se limite pas à l’aspect financier, l’on note dans le rapport que « la coopération décentralisée apporte une réelle plus-value aux actions internationales et d’aide au développement menées tant par l’Etat que par les associations. En effet, il existe souvent des liens privilégiés entre la collectivité française et la collectivité étrangère ». Davantage, il s’agit d’un cadre de « dialogue entre élus, entre pairs qu’elle instaure ». C’est ainsi qu’en praticien, Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères et maire de Bordeaux, en déplacement à Oran dans le cadre du jumelage entre Bordeaux et Oran, déclare que « la coopération décentralisée donne un caractère humain et de proximité aux relations bilatérales ».

Ainsi, la coopération décentralisée française suivant le rapport d’information de son sénat, s’implique sur une diversité de thème. Il s’agit de 11 thématiques centrales: la jeunesse ; le développement durable et le climat ; les achats éthiques ; le tourisme responsable ; l’eau et l’assainissement ; les migrants et le co-développement ; l’éducation au développement ; la sécurité alimentaire ; la coopération urbaine ; l’économie ; l’énergie. Une liste non exhaustive puisque, l’atlas français de la coopération décentralisée laisse percevoir 35 thématiques à explorer.

L’Afrique, première bénéficière

En termes de diversité géographique, l’Europe est la première zone géographique en nombre de projets avec plus de 8 000 sur les 12 600 en place dans le monde. Une posture héritée des « jumelages qui se sont développés au lendemain de la Seconde guerre mondiale et n’ont pas pour vocation l’aide au développement » précise le rapport. Au regard de cette situation, c’est l’Afrique qui occupe le peloton de tête en matière d’aide publique au développement dans le cadre de la coopération décentralisée. Les collectivités territoriales françaises y ont alloué en 2010 près de 41 millions d’euros à l’Afrique. Ce qui représente 60% de l’aide déclarée.

Les Amériques sont la seconde zone en termes de montant avec 14%, notamment injectés à Haïti avec 6,6 millions d’euros sur une cagnotte de 9 millions d’euros pour l’ensemble du continent. Suivent, « l’Asie Océanie avec 6,9 millions d’euros, soit 11% dont 2,2 millions d’euros vers le Vietnam, puis le Proche et Moyen-Orient, avec 2,8 millions d’euros, soit 5% dont la moitié pour les territoires palestiniens. L’Europe avec 2,1 millions d’euros, soit 3% des allocations, est loin derrière ». Des marques d’une présence qui se forgent sur le plan de la coopération technique.

L’assistance technique occupe aujourd’hui le principal type des dépenses, avec 24 millions d’euros en 2010, suivant les chiffres du ministère des Affaires étrangères et européennes. L’autre volet se fait par des dons matériels jugés comme une « réaction concrète », « simple », « un acte visible et fort ». Sur ce point le rapport relève certaines inquiétudes, notamment le fait que dans certains pays, « peu d’équipes techniques, par exemple, ont été formées et équipées pour assurer l’entretien des bâtiments et des ouvrages. »

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Kamdem Souop
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Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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