Umushyikirano 2018 : Des citoyens égaux pour les échanges

Umushyikirano 2018 : Des citoyens égaux pour les échanges

Assis au milieu des participants comme chaque année, , Paul Kagame et les autres citoyens en salle comme connectés au téléphone ou par internet ont interagi avec les panélistes.

Les panels de discussion de la 16e édition de l’Annual National Dialogue ont débuté par un panel composé du ministre de la Gouvernance locale, Anastase Shyaka, du directeur général des Mines, du Pétrole et du Gaz, Francis Gatare et d’une entrepreneure promotrice du label Rwanda, Joselyne Umutoniwase. Thème des échanges : “Communautés connectées : un partenariat pour la croissance”.

Le ministre Shyaka a présenté des données chiffrés et des exemples du programme de développement centré sur les citoyens, tout en déplorant les incompréhensions sur l’appropriation d’un certain nombre d’initiatives par certaines franges de la population. Il s’est plaint d’une décentralisation insuffisante et formulé le vœu de voir les administrations travailler plus étroitement avec les populations dans l’identification de leurs besoins prioritaires, si le pays veut réussir le pari de l’appropriation des infrastructures et initiatives développées pour les résoudre. En outre, il a estimé que la gangrène de la corruption ne saurait être seulement un problème qui incombe à la justice, mais aussi une affaire sociale où la dénonciation devrait faire honte aux corrupteurs et corrompus. Il a conclu en souhaitant que “plus d’accent soit mis sur les statistiques, de manière à ce que les administrations locales démontrent aux plus pauvres que les chiffres s’améliorent et que l’accompagnement de l’État leur est garanti pour améliorer leur sort”.

Francis Gatare, quant à lui, a rappelé que le pays est dans une croissance soutenue de 7 % en moyenne par an. Pour soutenir plus durablement cette croissance tout en donnant la possibilité à l’État de garantir les services sociaux de base et assumer ses fonctions régaliennes, les citoyens doivent avoir la garantie que leurs impôts et taxes sont bien utilisés. Ce qui est déjà dans une certaine mesure le cas, “puisque 84 % des recettes du budget 2019 proviennent des Rwandais alors quil ya quelques années 100 % provenaient de l’extérieur”, a-t-il indiqué. Il a fourni d’autres chiffres appui de son propos sur la progression réalisée par son pays : “On est passé d’une espérance de vie de 29 ans avant 1994 à 67 ans aujourd’hui”. En outre, lLe programme Made in Rwanda a démarré en 2015. “Cela a permis de passer à 30% d’importations contre 70% d’exportations en 2018”. Pour lui, il y a une explication: “Les Rwandais ont modifié leurs habitudes de consommation et ont désormais une préférence pour les produits locaux, en matière d’habillement comme de constructions. Mais des efforts restent à faire sur la qualité de ces produits pour que ces ratios s’améliorent davantage”.

Entrepreneure ayant investi dans le secteur du textile, Joselyne Umutoniwase, s’est lancée en 2012 avec un capital de 10 000 dollars en créant la Rwanda clothing, qui pèse aujourd’hui 200 000 dollars et emploie plus de 60 personnes dont 30 permanents. Le label est promu dans divers pays du monde, et ses exploits les significatifs sont les participations à une exposition de 6 mois en Allemagne en 2017 et à un défilé de mode à Milan en 2018. Allant plus loin ans son désir d’impacter durablement le pays, la jeune l’entreprise s’est lancée dans un programme de formation des jeunes à l’entrepreneuriat. Toutefois, a-t-elle conseillé à ceux qui veulent l’imiter dans une secteur d’activité donné, “Il faut faire les démarches auprès du Bureau chargé du développement pour les formalités de création d’entreprise, savoir choisir son créneau, faire une étude de marché, avoir un mentor, bénéficier d’un appui de l’État, car la PME est le moteur de la croissance d’un pays”.

Les échanges avec les délégués présents dans la salle et ceux qui intervenaient par les réseaux sociaux ou vidéoconférence, il est ressorti un certain nombre de préoccupations tournant autour des taux d’intérêt des prêts consentis aux paysans, de la constructions de routes pour désenclaver certains bassins de production de bananes ou de pommes de terre, l’accompagnement de l’Etat pour la conservation de certaines spéculations comme les pommes de terre ou encore l’enseignement de la culture rwandaise et une harmonisation de l’enseignement du kinyarwanda y compris dans la diaspora.

Des échanges qui ont permis au président rwandais de mettre en difficulté certains de ses collaborateurs sur des modifications apportées à certains programmes et projets qui finissent par dévier des résultats attendus de certaines politiques publiques dont ils ont la charge de l’exécution, avec leurs conséquences sur les effets attendus par les populations.

Ces mêmes échanges ont permis de découvrir des success-stories paysannes. Comme cette femme qui a rencontré le chef de l’Etat il y a 10 ans et leur échange lui a donné envie de se lancer avec un capital de 10 dollars. Elle a débuté avec la production d’un kilogramme de perles. Aujourd’hui, elle en produit 600. Ou encore ce groupe de 350 femmes, qui constituées en coopérative, envisagent aujourd’hui avec le fruit de leur labeur la construction d’une maison de passage pour les visiteurs avec un fonds d’investissement de 18millions de francs rwandais. Mais aussi un groupe de 6000 jeunes du campus de Butare regroupés au sein d’une association et qui ont construit 5 maisons d’une valeur de 25 millions de francs rwandais chacune à des indigents. Toutes choses qui donnent tout son sens à l’Umushyikirano.

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Kamdem Souop
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Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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