« Etre les inventeurs de l’avenir »

Anicet Akoa, Maire de Ngoulemakong et Vice-président des Cvuc

Quel regard posez-vous sur le rôle de la catégorie d’élites à laquelle vous appartenez dans la construction récente du Cameroun?

Je trouve d’abord cette question assez complexe car elle introduit elle-même un concept très “chargé” celui d’élite. Alors pour ne pas compliquer encore plus les choses, j’essayerais de me classer comme parmi la génération de patriotes qui se battent tous les jours pour contribuer à poser une brique dans le processus de construction du Cameroun, notre patrie à tous.

Une génération qui pense qu’au lieu seulement de critiquer, il faut aussi agir dans une dynamique du “Positive thinking”. Une génération d’élites qui pense que chacun à son niveau peut faire avancer les choses dans la quête du bien-être de l’Homme. C’est pour- quoi nous pensons que la décentralisation est une bonne opportunité de travail de changement social, économique, culturel et de la gouvernance locale dans une mouvance de démocratie locale. C’est donc un rôle très important et une grâce que d’être maire dans ce contexte où les choses ne sont plus comme avant ou alors devrais-je dire ne doivent plus être comme avant…

Que manque-t-il à cette élite pour qu’elle joue pleinement son rôle?

Ce qui manque à cette élite, c’est par- fois plus de confiance, plus de synergie. Car parfois elle tombe dans les travers des luttes fratricides guidées par la recherche du pouvoir “primaire” au détriment des enjeux de développement de leurs terroirs ou espaces de travail à eux confiés. Il manque aussi parfois des espaces de partage des visions et stratégies pour conduire des processus dynamiques et porteurs…

Au moment où la réforme de l’Etat central nous conduit sur les sentiers vierges de la décentralisation, quelle place croyez-vous que les maires doivent jouer dans la formation et la mobilisation des masses aux enjeux et défis de cette réforme ?

Le rôle des maires est très grand. D’abord ce sont des élus et à ce titre, ils doivent savoir qu’ils ont des comptes à rendre à leurs populations. Plusieurs façons de rendre compte, car ils sont nés dans ces espaces-territoires et ce qu’ils auront fait restera dans les cœurs et dans l’histoire. Cela ne peut pas être effacé. Les maires ne sont donc pas seulement des personnes qui doivent agir pour faire avancer les choses, mais aussi doivent travailler le mental des populations pour qu’elles saisissent les enjeux et défis. Un peuple doit savoir ce qu’il veut et où il va. Cela n’est pas de la petite politique où on sait seulement dire “Oyéh” mais où il faut réfléchir et être les inventeurs de son avenir. C’est cela accompagner des dynamiques de changement.

Quelles sont donc les autres réformes à envisager et à quels niveaux ?

Il y a d’énormes réformes encore à faire. La décentralisation est un processus. Au niveau institutionnel, il y a encore des textes qu’il faut élaborer ; d’autres qu’il faut appliquer. Il y a la reforme même de certaines institutions qui portent la décentralisation et qu’il faut conduire. L’appropriation de la décentralisation par certains ministères qui pensent qu’elle est venue leur “couper l’herbe sous les pieds”, et un repositionnement des effectifs du personnel administratif et technique de L’Etat pour faire des performances à la base. C’est possible de faire plus de performance et de résultats ainsi. Donc, des reformes à tous les différents niveaux de l’architecture de la machine de l’Etat : une machine au service des citoyens.

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Auteur

Kamdem Souop
Kamdem Souop 299 Articles

Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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