HEUMEN Tchana Hugues: ” Les séries africaines parlent des sujets courants, il faut que le cinéaste ose pour être original!”
Universitaire et critique de cinéma, Hugues Tchana a entretenu l’assistance le 16 juillet 2019, sur le thème du: “7ème art camerounais au prisme du patrimoine culturel: l’unité nationale et le repli identitaire à l’épreuve des écrans”.
Comment concilier le Cinéma au patrimoine culturel et à l’identité nationale ?
Le cinéma contribue à la protection de notre patrimoine, et à l’unité nationale à travers la conception des scénarios qui les racontent, au quotidien, en s’inspirant comme un aiguillon de la vision future et la conservation des mémoires. Vous avez ici dans notre pays, l’impact du cinéma est important puisque qu’il peut contribuer à montrer des différences culturelles dans le comportement tout en rassemblant. La culture est au début et à la fin de notre vie. C’est l’ensemble des solutions vivantes, des réalités par rapport à l’extérieur, et là, notre pays traverse des crises sévères identitaires, mais nous voyons plus des juristes, des politiciens, mais pas les gardiens de notre identité. Il faut qu’on voit comment résoudre les conflits, faire appel à nos mythes, parce qu’avant il y’avait des moyens internes, endogènes de régler des situations. Il faut donc faire appel à tout ça pour résoudre ces conflits.
Comment faire face au dynamisme culturel à l’ère de l’ouverture au monde ?
Il faut d’abord penser local avant de s’ouvrir aux autres. Il est important de bien s’enraciner, ainsi de faire face aux péripéties extérieures qui te permettent de mieux t’identifier par rapport à l’autre, dans un esprit des plus positifs. Faut pas rester accrocher sur le passé, la culture elle est dynamique, voir ce qui est bon avant de s’ouvrir au monde. Gardons la flamme.
Quel regard portez-vous sur la production cinématographique locale, parlant de séries, films ?
Les séries actuelles, parlent de problèmes usuels, la criminalité, le viol, la corruption, etc. ne s’ouvrent pas à l’originalité je prends l’exemple d’une série comme Amadou et Boni qui traite du retour des ex-combattants de Boko-Haram, cela sort de l’ordinaire. Voilà donc le problème, il faut oser ! Car aborder cette situation est difficile pour un cinéaste camerounais à l’heure actuelle mais il faut faire appel à un dépassement de la poésie pour faire naitre une dextérité d’écriture dans les rôles d’acteurs, pour que l’engagement militant ne surpasse pas la création artistique.
Les cinéastes font face aux problèmes de marchés de production, diffusion, que faut-il faire ?
Il ne suffit pas de faire africain pour vendre africain ce que je dis tout le temps à mes étudiants. Ce n’est pas parce que vous avez produit un film que je vais nécessairement le voir chez moi. Non. Il faut penser à la qualité du film, la qualité du produit. Rendre cela compétitif, meme avec de petits moyens, c’est possible. Il faudrait aussi que les gens de culture s’éduquent un peu, ceux des cinéastes qui se plaignent de financement là, depuis 2016 que l’ouverture aux entreprises est là, qu’ils aillent voire les entreprises avec votre produit, montrer les films avec un projet marketing qui peut naitre ça, peut donner c’est parce qu’il y’a un problème d’éducation il ne suffit pas d’avoir une caméra et d’aller filmer, fat pas qu’il se limitent aussi à l’Etat.
Entretien réalisé par Manfred ESSOME
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