INCENDIE DE YAOUNDE VI : Le MINATD accorde un soutien de 100 millions FCFA

INCENDIE DE YAOUNDE VI : Le MINATD accorde un soutien de 100 millions FCFA

Ce montant inscrit dans le budget 2015 de cette commune est l’une des retombées de la descente de M. René Emmanuel Sadi, ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation (MINATD) quelques heures après l’incendie du bâtiment abritant les services de la mairie de Yaoundé 6 en avril 2014

Le soutien financier du MINATD servira à la réfection de l’immeuble endommagé et au remplacement des équipements perdus dans les flammes en avril 2014. Les conclusions de l’enquête officielle n’ont pas encore été présentées aux populations de cette commune par les autorités municipales. Sous anonymat, le personnel et certains conseillers municipaux affirment que l’un des secteurs les plus touchés à la suite de l’incendie de la mairie de Yaoundé 6 se trouve dans les services financiers. Toutes les pièces comptables des trois derniers exercices budgétaires ont été réduites en cendres. « Ces documents étaient déjà bien emballés dans des sacs pour leur expédition vers la chambre des Comptes de la Cour Suprême » explique un conseiller municipal.

Le reste du bilan non officiel n’est observable que sur les lieux du sinistre. Rendu à cet immeuble au mois de Mai 2014, l’immeuble présentait toujours les séquelles de la furie des flammes. De l’extérieur de ce bâtiment situé au quartier Biyem-Assi, au lieu-dit Rond-point Express, l’on aperçoit un édifice sans toiture. La porte principale est encore fermée. L’espace intérieur est vide. L’on a pu sauver le matériel de bureau du rez-de-chaussée. A l’arrière qui servait d’entrée au personnel communal et à certains usagers, il est possible d’évaluer avec plus de précision le niveau de dégâts matériels. Dès l’espace servant de bibliothèque municipale, aucune trace des flammes. Le planché est recouvert d’une moquette fortement trempée d’eau en ce mois de Mai 2014 où les pluies arrosent la capitale politique du Cameroun. Il y a encore là des cartons vides. Dans les décombres, se trouvent certains exemplaires des supports audio-visuels du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le parti de l’exécutif municipal qui gère cette commune créée en 1993. Une armoire est encore fermée. Une affiche de l’artiste américaine Rihanna décore la salle compartimentée en espace de lecture pour jeunes et adultes. Dans la section vidéothèque, discothèque et internet, un climatiseur occupe un coin du mur. Un tableau de peinture est endommagé. Il y a aussi la carte d’abonnement d’un lecteur : Julienne N., assistante de direction inscrite le 11 mars 2014 pour une durée d’un an.

L’état civil détruit

A la sortie de cette pièce située au premier niveau de ce bâtiment, nous découvrons un acte d’état civil. Il s’agit d’un acte de naissance sur lequel on peut lire « Sil B. 98-99 ». Seuls la signature et le cachet sont encore visibles. Le reste du contenu est illisible. Même pas le numéro d’enregistrement de cet acte de naissance indispensable pour la vie civile. A l’étage supérieur, c’est la consternation du reporter. Tout est parti. Les battants et les portes ont produit du charbon de bois. La charpente aussi. Des documents brulés se mêlent au décor des immondices. Tout le cabinet du maire a été ravagé par les flammes.

Dans les décombres, l’on peut, à moitié, lire l’intitulé de certains documents : « Compte administratif pour l’exercice 2001-2002 ». Sur un autre, relié par une spirale : « Formation professionnelle portant sur la fiscalité directe locale et le nouveau plan comptable sectoriel des communes ; Nov. 2002 ». Un autre document produit par la Banque mondiale et le Programme national de développement participatif a résisté partiellement aux flammes. S’y trouvent aussi des documents du parti au pouvoir. Ces décombres se mêlent aux débris du bâtiment qui a subi la dilatation de ses murs.

Au fur et à mesure que l’on parcourt le dernier niveau de ce bâtiment, l’on découvre l’ampleur des dégâts. Dans la pièce qu’occupait le maire de cette commune avant les flammes, se trouve un livre dont le titre est : «La Réussite scolaire. Comment accompagner votre enfant dans son parcours scolaire». Cet ouvrage est partiellement brûlé et mouillé par la pluie dans ce bâtiment dont la toiture n’a pas échappé à la chaleur des flammes. A l’opposé de cet espace, ce sont les restes des parapheurs chargés d’actes d’état civil que nous découvrons. Comme cet acte de décès n°0275 du regretté Engama Edgard décédé le vendredi 21 Octobre 2011 à 17h00.

Déménagement des pompiers

C’est donc dans ces décombres que beaucoup de documents officiels des usagers ont achevé leur parcours dans le circuit de l’administration municipale. Difficile de les évaluer avec exactitude, informe une source rencontrée au siège provisoire situé non loin du Lycée Bilingue d’Etoug-Ebé. Dans les services techniques, l’on affirme que les causes de l’incendie ne sont pas totalement levées. L’entourage spécule sur un court-circuit, mais d’autres sources parlent d’une main criminelle. Ce d’autant plus que la commune avait perdu son ancien maire en pleine campagne électorale en septembre 2013. Son remplaçant à l’issue de cette élection municipale, le Dr Martin Lolo n’a pas souhaité s’exprimer sur la question. Les multiples contacts n’ont pas prospéré. Rien de nouveau aussi sur les dispositions à prendre pour éviter un nouvel incendie. Le détachement des sapeurs-pompiers qui partageait l’immeuble R+2 avec le personnel municipal a été délogé. Ce bâtiment avait été construit par la mairie au cours du mandat 2002-2007. Après un braquage dans les bureaux du 3ème adjoint au maire, une barrière avait été construite pour lutter contre l’insécurité naissante dans cette zone. Dans la même enceinte, la maison des Jeunes de l’arrondissement de Yaoundé 6 est en cours de finition. Les murs principaux sont achevés. L’on attend encore la toiture, le revêtement du sol et l’équipement du bâtiment.

La route secondaire non bitumée qui mène à ce lieu a connu une seconde vie avec le passage des engins de travaux publics de la commune de Yaoundé 6. Du provisoire pour les responsables de la mairie qui attendent évidemment la fin de la construction de l’hôtel de ville. Le projet sur financement du FEICOM était dans sa première phase depuis 2011 au lieu-dit Acacias à côté de la Sous-préfecture et la délégation d’arrondissement du ministère de l’Education de base en Mai 2014 et les travaux évoluaient à un rythme irrégulier. Mais depuis la destruction par les flammes des locaux de la mairie de Yaoundé 6, l’on note de remarquables avancées. Le futur hôtel de ville est entré dans sa phase de finition.

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Auteur

Kamdem Souop
Kamdem Souop 299 Articles

Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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