Fête de la jeunesse : Paul Biya propose le travail manuel aux jeunes

Fête de la jeunesse : Paul Biya propose le travail manuel aux jeunes

Dans son message aux jeunes le 10 Février 2015, le président de la République du Cameroun est revenu sur les questions d’emplois de jeunes dans un contexte de lutte contre les activités terroristes au Nigéria et dans la partie septentrionale du Cameroun.

Pas d’allusion directe à boko haram, la secte islamique à l’origine de l’insécurité dans la région de l’Extrême Nord, frontalière avec le Nigéria. Les 81 personnes tuées à Fotokol, au début du mois de Février 2015 n’ont pas poussé M. Paul Biya à sortir de sa réserve. Il a montré qu’il est bel et bien le chef de l’armée, « la grande muette ». Son message a cependant eu une forte dose d’appel au patriotisme. Davantage, le président de la République a orienté l’essentiel de son adresse sur les questions d’emplois. D’entrée, il a annoncé qu’il ferait un bilan des cinq premières années de son septennat en matière d’emplois en 2016. Il est tout de même revenu sur les chiffres qu’il avait déjà annoncés le 31 décembre 2014, soit 283.443 emplois créés par les administrations et les entreprises. « Pour l’année 2015, nous prévoyons la création de 350.000 emplois nouveaux » a-t-il annoncé comme une esquisse de solution aux problèmes de la jeunesse camerounaise, à commencer par la qualité de leur éducation. La principale cause du sous-emploi, selon M. Paul Biya lorsqu’il reconnait que de nombreux jeunes « qu’ils aient fait ou non des études, se retrouvent sans emploi. Je sais bien que beaucoup parmi vous, pour survivre, se rabattent sur les options précaires, sans lien avec leur formation ou leur diplôme ».

Dans son message à la jeunesse le 10 février 2015, le chef de l’Etat a reconnu le retard pris par le système éducatif du pays qu’il dirige depuis 1982. La professionnalisation encore récente est connue dans les milieux universitaires par le système « LMD », Licence, Master, Doctorat. Cette formule n’a de réalité que le nom. En effet, il est difficile de trouver une connexion logique et continue entre les professionnels et les théoriciens. Par exemple, il n’y a pas d’avocats dans le cursus sanctionnant trois ans études dans les facultés de droit du Cameroun. Même dans les écoles professionnelles, difficiles d’observer une relation bien établie et soutenue entre ces écoles et les entreprises. Ce qui conduit nécessairement à une inadéquation entre les diplômés et les besoins du maigre marché de l’emploi au Cameroun.

Bis repetita

L’une des solutions trouvées par M. Paul Biya est de « redonner au travail manuel, qui fait figure de parent pauvre, la place qu’il mérite. » A côté de l’appel au développement des Technologies de l’Information et de la communication, le président appelle les jeunes à se tourner vers certains métiers. Les « vraies niches de croissance et d’emplois qualifiés, tels que plombier, électricien, mécanicien auto et industriel, etc. » sont citées en exemple par M. Paul Biya. À cet effet, il « invite le gouvernement, à travers les structures mises en place, à poursuivre la formation professionnelle, la promotion de l’auto-emploi et le financement des microprojets ».

En la matière, il existe plusieurs initiatives censées sortir les jeunes de la précarité qui caractérise leur quotidien. Il s’agit du Programme d’appui aux acteurs du secteur informel (Piaasi). Créé en 2005, sa mission principale est d’assurer la mutation du secteur informel vers le formel. Le Programme d’appui à la jeunesse rurale et urbaine (Pajer-U) quant à lui, a été mis en place en 2007 pour les jeunes de 15 à 35 ans scolarisés et déscolarisés, diplômés ou non grâce aux retombées de l’Initiative Pays pauvre très endetté (Ppte). Un label marketing de référence à cette époque afin d’attirer la sympathie des bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux dans l’allègement de la dette extérieure du Cameroun. Sur le terrain, le Pajer-U s’investit dans les secteurs de l’élevage, l’agriculture, la restauration ou la création de petites boutiques… Ce programme se déploie dans l’ensemble des régions du pays avec pour objectif la promotion de l’insertion socio-professionnelle des jeunes. En juillet 2011, lorsque Levy Hervé Oyono, Coordonnateur national du programme retrace le bilan, il indique que près de 285 jeunes ont été placés en emploi salarié entre la période 2007 à 2009. Une situation qui est loin de satisfaire, la forte demande de financement des projets des jeunes. Car sur 29 879 demandes de financement déposées pour le compte du PajerU, seuls 2 282 projets de micro activités ont été financés. Ces chiffres et ceux du Fonds National de l’Emploi sur la même période montrent que la “guerre” des chiffres en matière d’emplois des jeunes a encore de beaux jours.

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Kamdem Souop
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Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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