Bilan sommaire de Foning à Douala V

Quelques axes de l’action de Françoise Foning à la tête de la mairie d’arrondissement de Douala Ve pendant 12 ans méritent d’être évoqués.

Douala 5e pleure une dame qui, à sa manière, a modelé un peu le visage de cette commune d’arrondissement de la cité économique du pays. Et, à en croire l’expert en décentralisation, Barthélemy Kom Tchuente, la mort a coupé court un projet d’amélioration considérable des recettes communales pour porter le budget à 4,9 milliards de FCFA. Car la maire défunte l’avait sollicité pour un ensemble de réformes dans cette commune, à commencer par l’épineuse question de la gestion des ressources humaines en cours depuis deux mois. Il était envisagé une opération pilote d’accroissement des recettes communales sur trois semaines en février, afin dit-il de voir dans quelles mesures atteindre l’objectif des 4,9 milliards au bout de l’année.

Il est à signaler que celle qui s’est fait réélire en septembre 2013 pouvait revendiquer d’avoir presque doublé le compte administratif de la commune en quatre ans, le faisant passer de 2,7 milliards en 2011 à 4,9 en 2015. Cette hausse constante est due entre autres à la revalorisation des recettes fiscales, compte tenu de la circulaire conjointe Minatd/Minfi du 20 octobre 2010 précisant les modalités d’application de la loi du 15 décembre 2009 portant fiscalité locale, et d’autre part, au transfert de la gestion des marché s locaux aux communes d’arrondissement.

Sous sa houlette, Douala V a noué des partenariats avec plusieurs communes étrangères (Montréal, Dallas, Chevilly-Larue, Impolis…) et associations, dont les apports financiers, techniques et humains ont permis d’améliorer le sort des habitants dans les domaines de la santé, de la formation ou encore de l’agriculture. On la créditait aussi de quelques milliers de mototaxis et des centaines de taxis qui n’étaient pas seulement une solution au problème de mobilité urbaine, mais aussi un moyen de casser les mots d’ordre de grève des principaux partis d’opposition particulièrement suivis à Douala.

BAFOU – DSCHANG : Le village pleure la reine-maire

Chefs traditionnels, notables, élites politiques et populations s’accordent sur le fait que la disparition de « Ma’a Meffo Nkonla’ah » est une grande perte pour le département en particulier et le Cameroun en général .

Par Elvis Mendouga, à Bafou

Après des SMS, appels téléphoniques et le système de communication bouche à oreille, la nouvelle est allée telle une trainée de poudre. Le lendemain, 24 janvier 2015, à la gare routière de Dschang où cohabitent deux agences de voyages, les commentaires allaient bon train. Chacun tenait à présenter l’une des dernières images qu’il garde de la défunte, ou encore, ce qu’il a retenu ou appris d’elle en terme de qualités. «Quand on parle du Rdpc, on parle des militantes comme maman Foning. Ils ne sont pas nombreux les militants qui, comme la défunte, défendent la cause de ce parti. Ce ne sera pas facile pour Paul Biya d’avoir une alliée comme elle», soutient avec force Joseph Kenfack qui n’a pas d’ailleurs caché son bord politique.

Après 45 minutes de route, nous sommes au lieu-dit Johny-Baleng, à Bafou, par Dschang. C’est dans cette partie du pays que l’ancienne député à l’Assemblée nationale a vu le jour il y a de cela 66 ans. Au carrefour où se dresse majestueusement le monument de son défunt père, on peut voir des populations aller et venir. Le point de convergence c’est la résidence secondaire de la défunte reine-maire, « Ma’a Meffo Nkonla’ah ».

Devant les débits de boisson qui sont dans les environs, les uns et les autres devisent sur ce 2e accident de la circulation qui a fini par arracher le souffle à l’une des filles dynamiques du village. Une fois sur les lieux, le reporter constate l’atmosphère lourde. Nous sommes devant une demeure plutôt modeste. Seule la plaque accrochée peut rassurer qu’il s’agit bel et bien de la résidence de Françoise Foning. L’un de ses portraits est d’ailleurs accroché à l’entrée de la maison. «Résidence de l’honorable Ma’a Meffo Nkonla’ah Françoise Foning », peut-on lire. Cette plaque avait été posée quand elle était encore député à l’assemblée nationale, cumulativement avec sa fonction de maire de Douala 5e. Le village porte le deuil sans interruption, avec des femmes assises à même le sol. Des notables venus des différents villages du département de la Menoua y sont également présents. Les lamentations se passent selon les us et coutumes dudit village. «La mère était notre femme et notre mari ici au village. Au départ nous n’avons pas cru à cette disparition, parce que jusqu’à la veille, les nouvelles qui venaient de Yaoundé étaient rassurantes», confie maman Kenfack Jeanne. Et un notable de seriner : « Elle était une dame respectable et respectée, sur le plan national, africain et mondial. Elle a toujours fait notre fierté ».

Le chef de famille, très éploré, a laissé entendre qu’il était encore sous le choc et ne saurait être à mesure de dire quoi que ce soit à la presse. Pendant le bref échange, il ne cesse de recevoir la visite de condoléances de ses pairs. De sources crédibles, la veille, des religieuses et traditionnelles étaient sur les lieux pour s’enquérir des nouvelles. Comme aussi les chefs de cultes des différentes confessions religieuses, du chef du groupement Balevonli, sa Majesté Kana Zebazé 1er, venus réconforter sa Majesté Fo’o Ndong Kana III, chef supérieur Bafou qui s’est rendu personnellement chez Johny Baleng, avant de prendre la route de Yaoundé. A en croire notre source, le chef aurait confié aux notables et certains de ses pairs que jeudi, 22 janvier, il était au chevet de la défunte à l’Hôpital Central de Yaoundé où ils ont eu à échanger. Et grande a été sa surprise dans la mi-journée d’apprendre son décès alors que le fils de la défunte le rassurait au téléphone quelques heures plus tôt que toutes les dispositions étaient prises pour son évacuation à 16 heures.

L’accident qui a finalement eu le dessus sur la «selfmade woman» s’est produit dans la matinée de samedi 17 janvier, au lieu-dit Ebebda, alors qu’elle se rendait à Bafou pour l’enterrement d’une de ses sœurs. En attendant ses obsèques qui sont programmées pour le 28 février au village Bafou, c’est toute la région de l’Ouest qui porte le deuil.

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Kamdem Souop
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Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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