A quand la sanction des fonctionnaires dont le militantisme est plus visible que le travail?

A quand la sanction des fonctionnaires dont le militantisme est plus visible que le travail?



Alors que se profile en fin de semaine le double scrutin des législatives et municipales, l’application des textes et règlements se fait à tête chercheuse et toujours au détriment des acteurs de l’opposition. Pendant ce temps, des fonctionnaires roulent pour le parti au pouvoir sans inquiétude.

Le décret 94/199 du 7 octobre 1994 portant  statut général de la fonction publique dispose en son article 40 que : “(1). Le fonctionnaire est tenu à l’obligation de réserve dans l’exercice de ses fonctions. (2). L’obligation de réserve consiste pour le fonctionnaire, à s’abstenir d’exprimer publiquement ses opinions politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales, ou de servir en fonction de celles-ci.”

Pourtant, plus que jamais le zèle des personnels de l’Etat payés par l’impôt des Camerounais n’a justifié recours à l’application stricte de cette disposition et surtout sanction de ceux qui non contents de ne pas la respecter, se versent dans l’injure, la diffamation, la division, l’incitation à la haine ethnique et tribale, sans être inquiétés. Au contraire, ils bénéficient de promotions les unes après les autres qui justifient que ce décret soit revu pour prendre en compte la nécessité pour ces acteurs politiques d’être missionnés au frais du contribuable, de déserter les bureaux pour animer la campagne électorale et d’utiliser le matériel roulant de l’Etat à cet effet.

Dans cette mer de défi à l’obligation de réserve politique des fonctionnaires, deux cas sont dignes d’attention, au regard des centres d’intérêt de Villes & Communes : la littérature et les médias. Le premier, Edmond VII Mballa Elanga, est en charge de la politique du livre et de la lecture au ministère des Arts et de la culture et directeur du Centre de recherche pour la promotion du livre en Afrique. Sachant qu’il était avant son recrutement à la fonction publique un acteur du livre, les attentes étaient bien grandes lorsqu’il a été promu à ces deux postes. Force est de constater que ses faits d’armes sont davantage retentissants comme militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et supporter de Paul Biya que comme cheville ouvrière de la politique du livre du régime. Comme le premier, le second, Charles Atangana Manda, ne loupe jamais une occasion de prouver son militantisme au Rdpc et son soutien indéfectible à son président, alors qu’en tant que directeur de l’Observatoire des médias et de l’opinion publique au ministère de la Communication, ses productions dans un environnement marqué par la crise de la presse écrite, l’inflation des publications de la presse à gages, la montée en puissance des discours haineux et clivants sur certaines chaînes de télévision et sur les réseaux sociaux, la distraction des fonds d’appui à la presse privée ou encore la précarité des conditions des journalistes du secteur privé.

Dans le même temps, arguant que les textes en vigueur interdisent à des acteurs politiques d’appeler au boycott des élections, des procédures expéditives envoient en prison des militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) qui, non seulement a renoncé au double scrutin du 9 février 2020, mais fait campagne pour un boycott actif des législatives et municipales. Les derniers à être incarcérés le 04 février à Bangangté sont Rosange Jimegni, Laurent Mbieunda, Jean Fonga et Jean Marie Kamtchoua. Ils ne sont pas les seuls dont les opinions politiques les ont conduits en prison. Plusieurs militants de ce parti, arrêtés en 2019 dans le cadre des marches de protestation contre les résultats officiels de la présidentielle d’octobre 2018, sont toujours incarcérés alors que Paul Biya avait instruit l’arrêt de poursuites contre eux en octobre 2019.

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Auteur

Kamdem Souop
Kamdem Souop 329 Articles

Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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