Marie Madeleine Nga : L’architecte de la planification communale

Marie Madeleine Nga : L’architecte de la planification communale

Sa vision dans le monde la décentralisation vise le court terme, le moyen terme et le long terme. La célébration des 10 ans du Programme National de Développement Participatif (PNDP) qu’elle coordonne a donné à voir l’impact de ce Programme sur le développement des 329 communes avec qui des partenariats sont noués depuis 2004.

L’approche du PNDP est unique dans l’environnement des acteurs étatiques impliqués dans la décentralisation au Cameroun. Cela tient au fait que les tentacules de l’action de cet organisme étatique touchent tous les pans du développe- ment local. Tenez : entre 2008 et 2014, plus de 516 agents communaux ont été recrutés par les communes partenaires de ce Programme. Les profils sont de deux ordres. D’abord celui de l’agent de développement placé au sein de l’unité de suivi de la mise en œuvre des microprojets. Sa mission principale est de planifier et programmer les actions de la commune, suivre l’exécution des projets de l’ensemble des bailleurs de la commune et du Budget d’Investissement Public (BIP) au niveau communal.

L’autre profil porte sur l’aspect financier de la commune où se trouve un agent appelé à structurer l’unité finance et recouvrement de recettes de la commune. Des innovations sont portées par les méthodes comptables traditionnelles mais aussi dans une perspective d’informatisation de la chaine budgétaire. À cet effet, un partenariat fructueux est en cours d’extension dans plus de 122 communes sous la conduite de l’Association Internationale des Maires Francophones et la supervision du ministère des Finances du Cameroun.

À côté de ce domaine qui pose les bases d’une fonction publique locale, il y a le document de planification des communes camerounaises. Il s’agit du Plan Communal de Développement. L’instrument est considéré par les élus locaux comme la boussole du développement local. Son ambition et sa particularité reposent sur son caractère participatif qui fait ressortir l’ensemble des besoins des différents acteurs et couches de l’environnement communal. Après les premiers 151 documents de planification issus de la première phase du Programme, 178 communes ont été appelées sous l’encadrement des Cellules régionales du PNDP à actualiser leur document de planification au cours de l’année 2014. À terme, c’est 29 secteurs qui sont pris en compte sur le plan social et économique. Dans cette approche transversale, l’équipe du PNDP met aussi un accent sur les questions liées à la petite enfance et à la protection de l’environnement.

Dans le domaine sanitaire, au sortir de l’année 2014, le PNDP était à sa 139ème structure sanitaire construite dans les communes du pays. L’infrastructure est le reflet des besoins exprimés par les populations à travers un exercice participatif de diagnostic et de planification à la base validé par le conseil municipal. Cette méthode de planification a retenu l’attention du président de la République depuis les trois derniers exercices budgétaires. Désormais, la circulaire du président de la République du Cameroun instruisant la préparation du Budget d’Investissement Public, cite le Plan Communal de Développement comme étant l’un des documents auxquels l’on devrait recourir pour identifier les priorités des interventions de l’Etat.

Approche “Bottom-Up”

Plus concrètement, les analyses dans certaines régions du pays montrent bien une harmonie entre les projets inscrits dans le journal des projets et les idées de projets obtenus à l’issu du processus de planification participatif mis en place dans les communes. Cette emprise du PNDP dans le monde communal est le fruit du regard que le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire porte sur ce Programme étalé sur trois phases d’une durée de quatre ans chacune. C’est pourquoi des questions telles que la gestion durable des terres, la modernisation du secteur agropastoral, l’hydraulique, les ouvrages marchands, les pistes rurales, la préservation de l’environnement ou encore la prise en compte des populations autochtones vulnérables sont autant d’action que le PNDP s’attèle à structurer et à financer au niveau local.

Les financements proviennent de la Banque mondiale, de la coopération française et de l’Etat du Cameroun en priorité. Cet impact significatif du PNDP depuis dix ans tient au fait que les mécanismes de fonctionnement et les stratégies de développement s’inscrivent en droit ligne des lois d’orientation de la décentralisation et des règles applicables aux communes et aux régions du 22 juillet 2004. Quelques mois plus tard, le PNDP prenait corps dans les zones reculées de la région du Nord. Aujourd’hui lorsqu’on parle du processus de transfert des compétences aux collectivités territoriales décentralisées, les acteurs et les populations voient leur implémentation dans les réalisations du PNDP.

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Auteur

Kamdem Souop
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Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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