Emmanuel Nganou Djoumessi : Le global se construit à partir du local

Emmanuel Nganou Djoumessi : Le global se construit à partir du local

Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) depuis le 9 décembre 2011, Emmanuel Nganou Djoumessi est au-devant de la scène lorsqu’on parle des stratégies de développement du Cameroun. Si l’horizon 2035 est le référent global, l’ancien Secrétaire général adjoint des Services du Premier ministre dévoile ses penchants pour le développement local à toutes les occasions qui s’offrent au ministère qu’il dirige.

La nature transversale de l’action du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire ne prédestinait pas forcement cette institution à des préoccupations spécifiques. Au cours de l’année 2014, ce ministère a montré qu’il ne se limite pas aux simples prévisions macroéconomiques ou de planification du développement à partir de ses bureaux de l’Immeuble Rose à Yaoundé. Emmanuel Nganou Djoumessi veut porter son action à partir de la base. La formule a été dévoilée au cours du deuxième mois de l’année 2014.

L’option choisie est l’amélioration de la consommation du Budget d’Investissement Public (BIP) dans les différentes régions du pays. Pour une première dans les pratiques des administrations publiques, il avait déjà anticipé en consacrant la période de décembre 2013 à la définition de la mouture finale du journal des projets de la République du Cameroun. Dès les premiers jours de janvier 2014, le document était rendu public et distribué auprès des administrations publiques.

Afin d’accroitre le niveau de consommation du BIP, en droite ligne des exigences issues du discours à la Nation du président de la République le 31 décembre 2013, il a défini un cadre du Programme d’Investissement Prioritaire (PIP). Avec pour ambition d’assurer la prise en compte des aspirations des populations locales. Calqué sur le modèle des Plans Communaux de Développement (PCD) dont il a la parfaite maitrise en tant que tutelle du Programme National de Développement Participatif qui encadre le processus sur le terrain, il a fini par intégrer dans l’approche gouvernementale l’une des directives du président de la République, inscrite dans les circulaires relatives à la préparation du budget de l’Etat 2013, 2014 et 2015.

Il s’agit depuis trois ans de veiller à la prise en compte des aspirations des populations contenues dans les PCD lors de l’élaboration du budget d’investissement public. En plein exercice budgétaire, il a réuni les élus locaux, les sénateurs, les députés, les autorités administratives et les responsables des services déconcentrés de l’Etat pour donner une allure nouvelle à l’investissement public au Cameroun. Le PIP repose depuis lors sur trois années échelonnées sur la base des priorités des populations. Ainsi, les projets classés au niveau 1 ont été inscrits au cours de l’année 2014. Les niveaux 2 et 3 suivront respectivement en 2015 et 2016. Dans le cadre de la création des emplois décents au niveau local, le MINEPAT a un regard attentif dans la dissémination de l’approche à Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO) dans les communes. Cette expérience qu’il mène en collaboration avec le Ministre des Travaux Publics, vise à faire bénéficier les populations locales des outputs des différents projets en cours dans les municipalités. Il n’est plus question d’importer la main d’œuvre vers les communes, mais d’opérer un recrutement de la ressource humaine physique dans les communes concernées par le projet. Cette main d’œuvre en gestation sera davantage renforcer pour constituer un capital humain indispensable à la réalisation des projets de développement municipaux.

Fort de cette orientation, M. Nganou Djoummessi, a d’ailleurs livré les chiffres attendus de ce processus devant l’ensemble du gouvernement réuni en conseil de cabinet le 21 avril 2014. À terme, « au moins deux cent cinquante mille emplois devraient être créés à travers les approches HIMO » estimait le MINEPAT. À cela s’ajoutait « l’accompagnement des entreprises privées, la formation de l’auto-emploi ou encore la sous-traitance » par le renforcement de la formation professionnelle des jeunes et leur auto-emploi. Outre l’expérience pilote de Sangmélima, les communes de Ndom, Banwa et Endom avaient déjà signé le partenariat avec le MINEPAT avant la fin du premier semestre 2014

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Kamdem Souop
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Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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