Bandjoun: le « moissonneur » s’en est allé

Thomas Ouafo M’Kounga, alias «Père moissonneur» a été inhumé le 07 juillet 2012 après une vie passée au service de l’institution communale.

Les habitués du Club damier de Pète-Bandjoun qui ont leurs habitudes chez «Sem’» ne verront plus l’un de ses maîtres à l’œuvre. En effet, celui qui avait créé «l’Ordre des moissonneurs» [de pions de dames, ndlr] a effectué sa dernière moisson le 10 juin 2012, soit six jours avant qu’il ne rende l’âme à l’hôpital protestant de Mbouo-Bandjoun. C’est que bien que miné par la maladie qui lui avait enlevé jusqu’à sa jovialité habituelle, «Père moissonneur» tenait à livrer quelques parties avant que la faucheuse fasse son œuvre en le moissonnant, lui, comme tant d’autres avant et après lui. Cet amour du jeu de dames lui vaudra d’être enterré avec un tableau tout neuf pour livrer, si possible quelques matches dans le pays des ombres. Cette passion pour le jeu de dames avait déjà été publiquement reconnue par Emmanuel Nzete, le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Bafoussam lors des obsèques de l’artiste

Maurice Kembiwo Fotie du Duo Tim& Foty à Bafoussam le 2 décembre 2011. C’est que Thomas Ouafo M’Kounga avait été secrétaire général du Club damier de Bafoussam présidé par M. Nzete.

Une vie de salarié communal et élu local

Une grande partie de la vie professionnelle de Thomas Ouafo M’Kounga s’est déroulée

dans l’arène locale. Il a été conseiller municipal de la commune rurale de Bandjoun de 1977 à 1996, puis de 1996 à 2002, premier adjoint de Victor Fotso. Au moment de sa mort, il faisait partie des 41 conseillers élus en 2007 et effectuait ainsi le troisième mandat local de l’ère du maire milliardaire. Mais ce qui ne saute pas tout de suite à l’œil du curriculum qui circulait lors de ses obsèques, M. Ouafo M’Kounga avait été, de 1988 à 1995, secrétaire général de la Commune urbaine de Bafoussam, pendant le premier passage d’Emmanuel Nzete à la Cub comme maire. Son ancien patron a eu l’occasion de louer ses qualités. «Il était un collaborateur respectueux, obéissant, disponible, imaginatif maîtrisant l’efficacité et la discrétion pour la réussite de notre équipe», affirme M. Nzete.

Né vers 1933 à Mtiéki-Bandjoun, Thomas Ouafo M’Kounga fait ses études primaires à Bandjoun et Bangangté de 1945 à 1951. Pendant trois ans, il enseigne à la mission protestante de Bangangté, puis de 1954 à 1958, il effectue son secondaire à l’ENIA Elie Allégret de Mbouo qu’il dirigera finalement en 1963. Cette même année, il effectue trois stages en Europe. Comme encadreur de colonies de vacances à Courseulles-sur-Mer et au Centre international d’études pédagogiques de Sèvres (France). Le troisième, ce sera à Agape en Italie comme animateur d’éducation populaire.En 1964, il obtient un diplôme d’instructeur de jeunesse et d’animation au Creps de Dschang. Travail qu’il effectuera tour à tour et de 1964 à 1988 à Bafoussam, Bandjoun et Foumbot.

Son activisme politique lui fera porter les casquettes de l’Union camerounaise à la cellule de Djeleng IV (Bafoussam) en 1964; de l’Union nationale camerounaise comme secrétaire général et président de la sous- section de Bandjoun (1970-1981), tout en étant le 2e vice-président départemental pour la Mifi.

En 1986, il est fait président de la sous-section de Bandjoun du Rassemblement démocratique du peuple camerounais. 1990, il en devient le vice-président départemental avant d’être de 1993 à 2002 propulsé président. Ces lots de consolation ne feront pas oublier qu’il fut recalé trois fois aux législatives par les barons du parti à la flamme, alors même qu’il jouissait d’une popularité certaine, confie un de ses proches.

Celui qui a été inhumé le 7 juillet dernier devant une foule immense avait été élevé à la dignité d’Officier de l’ordre du mérite (1988), de Chevalier de l’Ordre de la valeur (1994), de Commandeur du mérite camerounais (1994) et d’Officier de l’Ordre de la valeur (1995).

Précedent Architecture: la voûte nubienne comme alternative au logement à bas coût (1ère partie)
Suivant Appui aux communes: le PNDP offre 150 motos

Auteur

Kamdem Souop
Kamdem Souop 301 Articles

Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

Voir tous les articles de cet auteur →

Vous pourriez aussi aimer

Trajectoire

Célestine Ketcha Courtès : L’excellence dans le service public de l’eau

Son implication dans l’amélioration des conditions de vie des populations de la commune de Bangangté a transcendé les frontières nationales et lui a permis de recevoir le Prix ONU dans

Trajectoire

André Fouda: le bâtisseur d’Ongola la belle

Rappelé à la conscience populaire lors de la forte opposition entre sa famille et Gilbert Tsimi Evouna, l’actuel délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, André Fouda

Trajectoire

Marie Hélène Ngoa-Guislain : une mairesse blanche à la ville-rivière

La mairesse d’Akono détonne au milieu des élus locaux du Cameroun et d’Afrique noire de par ses origines et surtout sa peau. Portrait. Après avoir échoué, en 2002, dans son

0 Commentaire

Aucun commentaire pour l'instant!

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire