Bamendjou : Les solutions de la commune

La journée mondiale de l’eau qui s’est célébrée le 22 mars dernier a été l’occasion de visiter les installations faites à Bamendjou pour approvisionner les populations en eau potable.

Décennie 1990. La Société nationale des eaux du Cameroun (Snec) lance un projet d’adduction d’eau potable sur le tronçon Bafoussam-Bandjoun-Baham. Bamendjou s’en tire bien avec un château d’eau d’une capacité de 250 m3 et un réseau d’adduction qui s’étale sur 14 km dans le centre urbain. L’opération de branchement à moindre coût lancée par la Snec permettra d’enregistrer 380 abonnés en 1998 et près de 500 en 2000.Seulement, à en croire le maire Emmanuel Mukam, en 2003, le recensement des abonnés dévoile une importante défection. «La pauvreté en milieu rural a fait des ravages, à tel point que le paiement des frais d’entretien des compteurs s’est avéré impossible.

Plusieurs compteurs ont été déposés par le distributeur.» Cette situation a poussé les ménages, y compris ceux qui avaient fait l’effort d’être raccordés au réseau d’eau, à retourner se ravitailler dans les marigots avec les risques multiples de maladies hydriques.

Les populations impliquées

En dehors du réseau de l’ex-Snec, il existe un forage du ministère de l’Energie et de l’eau au quartier Bakang. Après un long arrêt, il a été remis en état de marche par la mairie en 2006. Bien que vandalisées à maintes reprises, les installations de la ScanWater, indociles, affrontent les hautes herbes et résistent à l’usure du temps, faute d’avoir été utilisées pour satisfaire les besoins en eau de la localité.

Lorsqu’en 2007, un recensement est effectué dans la commune, 30 des 40 forages identifiés sont en panne. En plus de remettre plusieurs d’entre eux en état, la municipalité va multiplier des solutions d’approvisionnement de ses populations en eau potable. Elle a notamment mis au point, avec l’appui du Pndp, un système de captage gravitaire d’eau sur flanc de colline du côté de Balatsi I avec filtre et un réservoir de 8m3 en amont. Il y a aussi celui Batchoum. Et il y a surtout le projet que la commune a soumis au Prix Feicom 2011 des bonnes pratiques communales. Il s’agit d’un projet de forage où l’eau est pompée grâce à l’énergie solaire produite par deux panneaux photovoltaïques situés à chacun des 06 points d’eau sur les 07 que comptera le projet achevé. Comme l’explique Marcel Fotsing, président de l’association HydroSanté créée en 2004, partenaire technique de la commune sur ce projet, « Chaque pompe fournit 1m3 d’eau par heure et le projet permet d’alimenter environ 3000 personnes. L’ambition à terme, c’est d’avoir une borne tous les 300 m.» Bamendjou a bénéficié de l’assistance d’un groupe de jeunes ingénieurs de l’association Ingénieurs Sans Frontières de l’Université de Delaware (Usa). A ce titre, ils ont effectué 11 voyages de 2006 à 2011. Le dernier voyage est prévu en juin prochain. Leur soutien a permis de construire un réservoir d’une capacité de 20m3 au sommet de la colline de Bakang.

Un comité de gestion a été créé pour chaque point d’eau. HydroSanté procède à la formation de ses membres ainsi qu’au suivi-évaluation.29

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Kamdem Souop
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Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige le journal en ligne www.villesetcommunes.info et la chaîne de télévision www.villesetcommunes.tv.

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