Célestine Ketcha Courtès : L’excellence dans le service public de l’eau

Célestine Ketcha Courtès : L’excellence dans le service public de l’eau

Son implication dans l’amélioration des conditions de vie des populations de la commune de Bangangté a transcendé les frontières nationales et lui a permis de recevoir le Prix ONU dans le secteur du Service Public. Une expérience qu’elle entend partager au sein de l’antenne camerounaise du Réseau des Femmes Elues d’Afrique (REFELA) qu’elle préside.

Si au sortir du scrutin du 30 septembre 2013 et des élections des maires au sein des conseils municipaux qui en sont issus, l’on compte 30 femmes maires, et 282 femmes adjoints aux maires, cela est loin d’être suffisant pour Célestine Ketcha Courtès qui dirige la commune de Bangangté dans la région de l’Ouest Cameroun. Elle a pour ambition d’accroitre ce nombre lors des prochaines échéances électorales. C’est ce qu’elle exprimait au sortir du séminaire de renforcement des capacités des femmes maires du Cameroun tenu du 10 au 11 juin 2014 à Yaoundé. «Qu’on fasse davantage confiance aux femmes», déclarait-elle à la presse.Elle a des arguments à défendre. Entre ses mains, la distinction que lui a décernée l’Organisation des Nations Unies pour la qualité du Service Public offert à ses populations dans la commune de Bangangté. Le constat est parti de la forte pénurie d’eau observée dans la commune qu’elle dirige depuis 2007. Son diagnostic est amer : 85% des habitants manquent d’eau tandis que les problèmes d’assainissement atteignent 90% de la population communale. Aujourd’hui ce souvenir semble lointain. Les chiffres ont été inversés à telle enseigne que les populations connaissent une forte amélioration de leurs conditions de vie, notamment les facilités dans la quête du précieux liquide.

C’est dès son arrivée à la tête de la commune qu’elle a inscrit cette préoccupation dans son plan annuel d’investissement. Année après année, elle a su tisser sa toile dans la recherche des financements dans le cadre de la coopération décentralisée. L’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), la Fondation Veolia, le Syndicat Interdépartemental de l’Agglomération de Paris (SIAAP) et l’Agence de l’Eau Seine Normandie sont les principaux partenaires impliqués dans ce projet devenu exemplaire dans l’environnement camerounais et africain.

Les mécanismes sont contenus dans le Projet de Maîtrise d’Ouvrage Durable dans les Secteurs de l’Eau et de l’Assainissement de Bangangté (MODEAB). Le temps de son premier mandat de cinq ans, elle a su mettre du sien dans la conduite du projet. Participant à l’échelle internationale à la promotion de cette initiative issue de l’ex- pression des besoins des populations conte- nues dans le Plan Communal de Développement (PCD). Depuis lors elle en a fait son livre de chevet en matière de gestion communale. C’est ainsi qu’elle réhabilite les anciennes installations Scanwater en friche dans les différents villages.

Par la suite, à partir du relief de sa commune, elle exploite l’eau naturelle en provenance du Mont Batchingou. Une idée géniale devenue pilier du projet puisque la moisson devenue abondante peut désormais être distribuée à la plupart des habitants de la commune. C’est ce schéma qui a retenu l’attention du jury de l’Organisation des Nations Unies en Juin 2014. Il s’agit aussi d’un appel à plus d’innovation en matière de bonne gouvernance. Mais aussi une source d’émulation pour les autres acteurs du développement local ainsi que des fonctionnaires. Aujourd’hui, elle est l’ambassadrice de cette formule d’amélioration des conditions de vie des populations.

L’image de la commune de Bangangté a été améliorée au même titre que le modèle de développement local contenu dans les Plans Communaux de Développement élaborés dans près de 329 communes sous l’encadrement du Programme National de Développement Participatif (PNDP) porté par une autre femme en la personne de Marie Madeleine Nga. L’on comprend alors sa détermination pour l’amélioration de la participation des femmes dans la vie politique locale.

Un autre concept « NDE’LICE » prend de plus en plus corps dans le département du Ndé. Là, c’est le volet culturel sur tous les plans qu’elle s’attèle à valoriser avec les autres maires de ce département. Opératrice économique, elle est toujours en quête de performance et de résultat. C’est pourquoi, devant la presse elle affirmait avec force : « permettez aux femmes d’agir et vous verrez le résultat ». Une attitude que salue le Dr Najaj Zarrouck, membre du Comité d’Experts de l’Administration Publique de l’ONU lorsqu’elle affirme à la fin du séminaire de renforcement des capacités des Femmes Elues d’Afrique que «gérer une mairie c’est gérer une entreprise». Prêcher par l’exemple, pourrait-on dire.

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