Medellin: investir dans l’éducation et la culture

Medellin: investir dans l’éducation et la culture

L’investissement public de la commune de Medellin vise à sortir les pauvres des conditions de vies défavorables présentées comme des causes principales de la criminalité.

Cartel de la drogue, violence, meurtre, et corruption étaient encore jusqu’en 2003, le lot quotidien de la ville de Medellin. Durant cette période, la population pauvre de la ville est abandonnée par la classe dirigeante. Aujourd’hui, la ville se reconstruit au fil des ans. Ceci grâce à un pari des autorités municipales jugé « utopique » à l’époque. Il vise à rendre aux plus de deux millions de la population un sentiment de sécurité, (aujourd’hui, l’on compte environ 3,3 millions d’habitants dans cette commune). Non pas seulement par une pacification de la ville par l’armée suite la neutralisation du célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar le 2 décembre 1993, mais par la mise en place des fondements d’une paix et d’une stratégie de développement urbain.

Les deux principaux piliers s’articulent autour de la culture et l’urbanisme. Avec pour formule les Plans Urbains Intégraux (PUI) dont le point de départ se situe dans les quartiers les plus déshérités de ce bourg.  Qu’il s’agisse des logements sociaux, des écoles, des collèges, des équipements sportifs ou des transports en commun, etc. tous ces secteurs sont traités globalement. Avec une forte concentration des budgets d’investissements de la commune.

Former des citoyens

De telle sorte que suivant les statistiques, plus de 40% du budget de la commune est par exemple orienté au secteur de l’éducation et la culture. De 2003 à 2010, en matière de suivi évaluation : 135 écoles ont été rénovées et huit bibliothèques créées. La particularité de cette action de structuration des mentalités des citoyens, est que ces infrastructures sont réalisées en partenariat avec le département d’architecture de l’université de Medellin. Il en est ainsi du centre culturel de la ville construit dans le quartier de Moravia, l’un des plus enclavées de la commune, sous la conduite du célèbre architecte Rogelio Salmona, décédé en 2007.

Selon les témoignages d’un participant au dernier Forum Urbain Mondial, c’est sur des sommets ou sur les pentes raides des quartiers pauvres que sont implantées les bibliothèques. Ces centres de diffusion de la culture et du savoir colombien remplissent aussi une autre fonction sociale. Il s’agit d’assurer l’intégration sociale de toutes les couches de la commune. En leur sein, sont logées des crèches, des salles d’exposition, de lieux de rencontre. Cette organisation de la ville créée au final un sentiment d’appartenance en même temps qu’il structure une nouvelle citoyenneté pour la ville.

Aussi, la criminalité a-t-elle fortement diminué. De telle sorte qu’en 2007, l’on comptait un taux de 26 homicides pour 100.000 habitants. Alors qu’en 1991 ce taux atteignait 381 pour 100.000 habitants et 184 en 2002. Cette baisse se justifie par une nouvelle forme de cohésion sociale de la population résultat une bonne répartition des projets de développement urbain. Au regard de ces prouesses, Medellin est aujourd’hui la deuxième ville de la Colombie. Elle continue d’ailleurs à se construire par des projets concrets, innovants et pourvoyeurs d’emplois pour ses habitants.

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