Axe Dschang – Nantes : un modèle à suivre

La commune de Dschang a, depuis 2002, compris la nécessité de négocier des partenariats dont les fruits sont aujourd’hui visibles.

La réalité de la pratique de la coopération décentralisée dans les collectivités territoriales (Ctd) camerounaises fait apparaître trois constantes. D’une part, des communes qui n’ont encore rien entrepris, à l’instar de la commune de Bafoussam 1er dont le maire, Cyrille Ngnang avoue que l’absence de Plan communal de développement ne facilitait pas les approches de négociation. Mais c’est chose faite à présent. D’autre part, certaines communes commencent à peine à nouer des rapports avec leurs consoeurs. C’est le cas de la commune de Garoua 2e dirigée par Oumoul Koultchoumi Ahidjo. A en croire Mme le maire, sa commune, la communauté urbaine (Cug) et les autres communes de Garoua se retrouvent régulièrement avec le Programme national de développement participatif (Pndp) autour des projets sociaux qui concernent leur cité. “La symbiose est telle que nous reléguons au second plan nos différences et appartenances politiques, pour nous consacrer à l’essentiel, le développement de la ville de Garoua”, ajoute-t-elle.

Modèle de négociation

La troisième constante donne à voir des Ctd telles que la Communauté urbaine de Douala, les communes de Douala 3e et 5e, et surtout celle de Dschang. La commune gérée par Bernard Momo a la particularité d’avoir en une décennie exploré la panoplie de possibilités qu’offre la coopération décentralisée. Elle a ainsi signé des contrats fructueux avec des partenaires nationaux (ministères, Ong, Pndp) et occidentaux.

Au plan national

Le maire de Dschang révèle que l’appui du Pndp, proche de celui du Paddl-Giz, touche la formation, la sensibilisation et le financement des microprojets. D’ailleurs, confie M. Momo, “le Pndp débloquera pour notre plan communal de développement 126 millions de Fcfa”. Cette municipalité a mis sur pied une unité de fabrication du compost avec Era-Cameroun qui paie, par ailleurs, le salaire de 8 agents depuis 2009, sans compter l’acquisition de la logistique de travail desdits agents.

Dschang a également signé une convention de partenariat de trois ans. avec le ministère du Développement urbain et de l’habitat (Minduh). Et l’édile d’ajouter : “Pour le compte de l’année 2011, le Minduh a réfectionné pour 125 millions les voies conduisant aux aires des Jeux universitaires, et vient de nous acquérir les cartes aériennes de Dschang et ses environs pour un montant de 18 millions ; en

plus de l’achat de matériels pour les jeunes travailleurs de la commune à hauteur de 5 millions. Il y a un plan pour 2012 et un autre pour 2013. J’ai bon espoir que ce contrat sera entièrement réalisé”. Cette bonne entente avec le Minduh s’étendra dans les prochains mois avec le ministère de l’Eau et de l’énergie, nous a soufflé un collaborateur du maire.

Au plan international

C’est en 2002 que le partenariat entre Dschang et Nantes (ville de Nantes et Nantes-Métropole) voit le jour sous l’impulsion du maire d’alors, Etienne Sonkin. Dès 2003, une base nautique verra le jour, puis suivront la création de l’Association des sports nautiques de Dschang (Asnaud), la réception d’un don de 30 canoës-kayaks, 6 pédalos, un canot de sécurité à moteur et des accessoires pour la promotion de ce sport. Sous l’impulsion du maire actuel, des projets initiés avant lui et bien d’autres seront activement réalisés. C’est ainsi que le Musée des civilisations sera construit et l’office de tourisme opérationnel.

Nantes finance aussi la formation continue des personnels de la base nautique, du musée, de l’office de tourisme, mais aussi le paiement du salaire de certains personnels techniques de Dschang. Cet axe a octroyé à Dschang 15,5 millions de francs Cfa pour remettre en état son réseau d’eau potable et mettre sur pied une agence de l’eau et de l’électricité. Un nouvel accord-cadre vient d’ailleurs d’être signé entre les parties pour le soutien du programme de développement urbain. Cet accord qui s’étale sur 6 ans touche de nombreux secteurs : culturel, touristique, développement urbain, coopération universitaire.

Le Conseil général du Nord (France) appuie Dschang dans un projet de gestion des ordures ménagères “pour lequel nous avons déjà sur place un expatrié pour lancer le projet et un agent de la communication. Et nous allons recruter un cadre pour la sensibilisation en matière de gestion des ordures ménagères” affirme le maire. Ce à quoi il faudrait ajouter deux véhicules de transport des ordures ménagères. “Nous avons une coopération naissante mais prometteuse avec Villedieu en Ardèche et qui va appuyer notre action au niveau de l’hygiène et de la salubrité à l’avenir”, poursuit M. Momo.

L’Association internationale des maires francophones (Aimf) soutient aussi la ville. En 2008, elle a participé aux côtés de Nantes, Lausanne et Veolia au financement du projet d’adduction d’eau évalué à 140 millions de Fcfa. “Nous recevons un autre appui de l’Aimf pour la modernisation des ressources de notre centre multimédia. Et elle est entrain de nous appuyer pour l’acquisition du logiciel SIM_ba pour l’informatisation de la chaîne financière et comptable”.

Contrepartie camerounaise

Bernard Momo se refuse à toute posture de mendicité. “Il y a, en la matière, un principe qui est dominant. C’est celui qu’on a appelé l’inégalité compensatrice. Le plus fort donne davantage, mais le plus faible n’est pas un résigné ni un mendiant”. Et de fait, il rappelle, par exemple que sa commune a participé à la création d’une maison Italie-Cameroun à Vasadeno avec un don de 530 kg d’objets d’art. Ou encore la réciprocité dans les règles d’hospitalité, même s’il n’y a pas d’hôtel 4 étoiles à Dschang. Par ailleurs, rappelle l’élu local, “il y a au moins 20% de fonds de contrepartie de la part de Dschang dans chaque projet dont elle bénéficie”

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Kamdem Souop
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Écrivain, éditeur et spécialiste de communication sur le changement de comportement social, il dirige www.villesetcommunes.info et présente l'émission de télévision www.villesetcommunes.tv

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